Mutation d'un policier municipal assermenté dans une autre collectivité

Statut

La procédure de mutation d’un policier municipal d’une commune vers une autre, même au sein du même département peut durer plusieurs mois en raison de la nécessité de soumettre l’intéressé à l’agrément du préfet et à l’assermentation du procureur de la République. Une simplification est à l’œuvre.

Pour exercer leurs fonctions, les agents de police municipale doivent être agréés par le préfet de département et assermentés par le procureur de la République. Procédures qui ne sont pas sans compliquer la vie des municipalités même lorsqu’un policier municipal est muté dans une commune à partir d’une commune voisine où il bénéficiait de tous les agréments. Il est alors contraint « de refaire dans son intégralité un dossier d’assermentation nécessitant plusieurs mois d’attente », a récemment souligné Colette Giudicelli, sénatrice UMP des Alpes-Maritimes. Interrogeant à ce sujet le ministre de l’Intérieur, la parlementaire demandait comment « simplifier cette formalité pour un fonctionnaire remplissant toutes les conditions exigées par la loi, lorsqu’il s’agit d’une mutation à partir d’une collectivité voisine située dans le même département ».

Une procédure bientôt simplifiée

En avril dernier, le ministre de l’Intérieur a répondu à Mme Giudicelli que le projet de loi d’orientation, de programmation et de performance pour la sécurité intérieure, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 16 février 2010, « prévoit dans un article 32 sexies que l’agrément obtenu et le serment prêté à la première nomination resteront valables tant que les fonctionnaires concernés continueront d’exercer les fonctions de policier municipal ». L’agrément pourra cependant être retiré à tout moment si son bénéficiaire ne remplit plus les conditions d’honorabilité professionnelle requises. Transmis au Sénat, l’examen du texte n’a pas encore débuté à ce jour. La commission des lois du Sénat s’est pour le moment limitée à désigner Aymeri de Montesquiou, sénateur RDSE du Gers, rapporteur pour avis de ce texte.

Franck Vercuse

Source Internet :

L'analyse des spécialistes

  • Rupture conventionnelle dans la fonction publique : les précisions de la décision n°2020-860 QPC Fonction publique

    Rupture conventionnelle dans la fonction publique: les précisions de la décision n°2020-860 QPC

    21/10/20
    En rappelant que la rupture conventionnelle « ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties », dans sa décision n° 2020-860 QPC, le Conseil constitutionnel souligne la nature contractuelle de cette procédure et affirme que tout fonctionnaire peut alors être assisté par l'organisation syndicale de son choix, qu'elle soit représentative ou non.
  • Quelle CDIsation des agents contractuels dans la fonction publique territoriale ? Statut

    Quelle “CDIsation” des agents contractuels dans la fonction publique territoriale ?

    19/10/20
    Le droit de la fonction publique reconnait le principe du recours aux contrats à durée indéterminée (CDI) et autorise le recrutement de contractuels sur des postes permanents. Depuis la moitié des années 2000, il y a eu une multiplication des agents contractuels à durée indéterminée, ce qui constitue une exception au principe d'exclusivité de l'occupation des emplois publics permanents par des fonctionnaires. La loi du 6 août 2019 relative à la transformation de la fonction publique et le décret n° 2019-1414 du 19 décembre 2019 renforcent cette tendance dans la fonction publique territoriale.
  • Eau et assainissement, quel avenir pour les syndicats infra-communautaires après le 30 septembre 2020 ? Intercommunalité

    Eau et assainissement, quel avenir pour les syndicats infra-communautaires après le 30 septembre 2020 ?

    02/10/20
    Au 1er octobre 2020, le sort des syndicats de communes exerçant cette compétence à la date du transfert de la compétence à une communauté de communes ou communauté d'agglomération semble partiellement scellé.
  • Tous les articles juridiques