Le gouvernement prolonge jusqu’en 2026 le programme « Action cœur de ville »

Urbanisme

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi 8 juillet 2021 la prolongation de 2022 jusqu’en 2026 du programme « Action cœur de ville », dont l’objectif est de revitaliser les centres bourgs des villes moyennes, répondant ainsi favorablement à une demande des élus.

« Notre travail commun de reconquête des villes de France est à l’œuvre et nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin », a assuré le chef du gouvernement lors d’un discours à Blois à l’occasion du Congrès annuel de Villes de France, association qui regroupe les localités entre 20 000 et 100 000 habitants.

Après avoir précisé que les engagements au titre du programme « Action cœur de ville » dépasseront d’ici la fin 2022 les 5 milliards d’euros prévus lors de son lancement à fin 2017 pour 222 villes, il a répondu favorablement à la requête de la présidente de Villes de France, Caroline Cayeux, maire DVD de Beauvais, qui lui avait demandé sa prolongation jusqu’à 2026, c’est-à-dire jusqu’au terme du mandat des maires élus l’an dernier. « Notre attractivité, celle des villes moyennes continue de se renforcer », s’est félicitée la présidente de Villes de France, Caroline Cayeux en accueillant le Premier ministre Jean Castex à l’ouverture du Congrès de son association qui se tient jusqu’à vendredi 9 juillet à Blois.

Elle se basait sur les résultats du « baromètre des territoires », réalisé par l’institut Ifop et rendu public lors du Congrès, qui montre que 87 % des Français « préfèrent vivre dans une ville moyenne plutôt que dans une grande métropole », soit trois points de plus que l’an dernier.

« La crise du Covid n’a pas forcément fait émerger un monde d’après, mais il a plutôt amplifié une séries de tendances qui étaient préalablement à l’œuvre avec une nette prévalence de la volonté d’habiter dans des villes moyennes », a expliqué Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop.

Selon ce baromètre, réalisé pour Villes de France et la Banque des territoires, 8 % des actifs des grandes villes, soit près de 350 000 habitants, sont « tout à fait » prêts à déménager, même si seul un quart d’entre eux est disposé à s’installer dans une autre région. Pour M. Fourquet, ces chiffres annoncent toutefois des « mouvements de population à prévoir dans les années ou les mois qui viennent » dont souhaitent tirer profit les localités entre 20 000 et 100 000 habitants qui ont longtemps pâti de l’attractivité des métropoles.

« Il s’agit de profiter des nouvelles aspirations des Français pour rééquilibrer notre organisation territoriale », a plaidé Mme Cayeux devant M. Castex, rappelant le rôle des collectivités pendant la crise sanitaire, notamment dans la distribution de masques ou l’organisation de la vaccination.

Une présence sur le terrain aux « conséquences non négligeables » pour leurs finances. « Nous assumons toujours davantage de missions avec toujours moins de moyens », a-t-elle souligné, avant de lancer un appel au chef du gouvernement à consolider l’attractivité retrouvée des villes moyennes.

« Je vous annonce aujourd’hui qu’il se poursuivra comme vous l’avez souhaité après cette date pour permettre aux équipes élues l’année dernière de porter leurs projets avec l’aide de l’État jusqu’à la fin de leur mandature », a affirmé M. Castex, sous les applaudissements des élus.

Sans donner de nouveau montant pour ce programme, il a précisé avoir demandé à la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault « d’ouvrir dès à présent la concertation avec les partenaires financiers et bien sûr avec vous pour précisément définir les orientations de ce programme après 2022 ».

Le chef du gouvernement a évoqué une réunion de Villes de France prévue le 7 septembre « pour préciser les modalités de ce prolongement ».

Dans son intervention, le Premier ministre n’a toutefois pas répondu aux autres requêtes formulées par l’association des villes moyennes.

Son président délégué, Jean-François Débat, maire PS de Bourg-en-Bresse, lui avait auparavant fait part de ses préoccupations sur les « enjeux financiers de nos collectivités » dont les ressources ont été « affectées » par la crise sanitaire.

Il a notamment exprimé sa préoccupation sur les « évolutions à terme de la compensation de la taxe d’habitation », demandant à ce qu’elle soit « actualisée » d’une année à l’autre. Il a aussi plaidé pour une compensation d’une partie « des charges subies par un certain nombre de nos services publics » pendant la crise.

« Action cœur de Ville » vise à favoriser les projets novateurs pour la reconquête des centres des villes intermédiaires.

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