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La pandémie, source d’accélération pour les villes moyennes

Publié le 9 février 2022 à 11h31 - par

Selon France Stratégie, il est difficile de conclure à un « effet positif général » de la crise sanitaire sur l’attractivité des villes moyennes.

La pandémie, source d'accélération pour les villes moyennes

La crise sanitaire liée au Covid-19 a-t-elle sonné la revanche des villes moyennes ? Dans l’imaginaire collectif, ces « villes à taille humaine » seraient le gage d’une qualité de vie retrouvée et bénéficieraient d’un regain d’attractivité, alimenté par les départs des grandes villes et les possibilités accrues de travailler à distance. Qu’en est-il vraiment et comment objectiver ces dynamiques ? Pour répondre à cette question, France Stratégie a mené, fin 2021, deux études, à la demande du ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales.

France Stratégie a combiné des analyses de données statistiques, ainsi que des auditions d’experts et de l’ensemble des acteurs concernés, et vient donc de publier deux études à partir de l’analyse d’un panel de 202 villes moyennes. La note d’analyse (n° 106) publiée en janvier 2022 montre que les villes moyennes étaient déjà, au cours de la décennie écoulée, des territoires plutôt dynamiques sur les plans de la démographie, de l’emploi et des prix de l’immobilier. Mais moins, toutefois, que les métropoles. En effet, une large part d’entre elles a connu des trajectoires plus favorables que la trajectoire nationale. C’est le cas de 85 des 202 villes moyennes étudiées, à l’image de Bayonne, Chambéry, Vannes ou Sète. Seules 16 % d’entre elles, comme Châteauroux, Épinal ou Sedan, ont connu des trajectoires « en retrait » sur la dernière décennie. Néanmoins, leurs pôles urbains sont nettement moins dynamiques que leurs couronnes, ce qui les distingue des métropoles. Ainsi, près de la moitié (45 %) des villes moyennes, comme Aurillac, Évreux ou Rochefort, ont connu une baisse de population dans leur pôle, alors que leur couronne était en croissance. Par ailleurs, les trajectoires des villes moyennes renvoient à des déterminants macro-régionaux bien connus – attractivité générale de l’ouest de la France ou difficultés liées à l’emploi dans le quart nord-est, par exemple – , mais qui ne résument toutefois pas toute leur hétérogénéité, précise France Stratégie.

Selon France Stratégie, la crise sanitaire constitue davantage une source d’accélération plutôt que de ruptures avec les trajectoires passées pour les villes moyennes. L’effet de la pandémie a pu être diffus et d’ampleur variée selon les territoires et « il est difficile, à ce stade, de conclure à un effet positif général » pour ces collectivités locales. Tout de même, la note d’analyse relève que la dynamique d’emploi ces deux dernières années est, en moyenne, légèrement plus favorable dans les villes moyennes que dans les métropoles, contrairement à la décennie précédente. Les villes moyennes dynamiques pendant la dernière décennie ont été moins affectées par la crise. Et quelques villes en retrait auparavant, ont inversé la tendance et créé plus de 3 % d’emplois entre 2019 et 2021. C’est notamment le cas de Nevers et de Vierzon. Concernant l’immobilier, la pandémie n’a pas entraîné de modifications substantielles de la géographie générale du marché de l’immobilier résidentiel en 2020. Les données disponibles attestent d’une hausse des prix pendant la pandémie concentrée dans les pôles des villes moyennes, suggérant un possible rattrapage par rapport aux couronnes.

Le travail mené dans cette note d’analyse permet, au travers d’un essai typologique, d’une part, de souligner les trajectoires positives d’une majorité de villes moyennes en lien avec des dynamiques de fond enclenchées bien avant la pandémie de Covid-19, et, d’autre part, de mettre en lumière la grande diversité des trajectoires et des enjeux des villes moyennes. « À ce stade, la pandémie ne semble pas avoir engendré une évolution forte de la géographie de l’emploi ou du marché de l’immobilier dans les villes moyennes à l’échelle nationale », conclut France Stratégie. Des travaux ultérieurs seront nécessaires pour caractériser ses effets sur le plus long terme, ainsi que pour mieux qualifier les départs de population des métropoles qui auraient pu être pressentis ou annoncés.