Une commune sur vingt privée de services de proximité

Urbanisme

Une étude de l’Insee analyse l’implantation des services et équipements sur le territoire. Les artisans du bâtiment et les restaurants sont présents même dans les communes peu dotées, alors que les services de santé sont difficilement accessibles.

Boulangeries, supérettes, services postaux, écoles élémentaires, artisans du bâtiment… : des services de proximité très inégalement répartis sur le territoire, comme le montre une récente étude de l’Insee. En 2016, une commune sur vingt n’en offrait aucun et seule une sur trois possédait entre de un à cinq types de services différents dans cette gamme (cf. encadré). Parmi les communes les plus dotées, trois sur dix seulement disposent d’au moins quinze services. Sans surprise, les territoires à la fois les moins densément peuplés et les moins touristiques – nord-est, centre, zones rurales ou montagneuses des Alpes et des Pyrénées – sont les moins bien équipés, à l’inverse des pôles résidentiels et des communes touristiques.

Dans les 12 000 communes les moins dotées (un à cinq services de proximité) qui représentent 2,5 millions d’habitants, on trouve essentiellement des artisans du bâtiment (maçon, menuisier, serrurier, plombier…) et des restaurants, mais aussi des services de réparation automobile et de matériel agricole. Les commerces alimentaires (boulangerie, boucherie, supérette) ne sont situés que dans des communes qui disposent aussi d’autres services. Ainsi, dans les communes qui ont entre un et trois services de proximité, deux sur cent seulement proposent une boulangerie, mais les services de soins de beauté et les agences immobilières y sont deux fois plus nombreux.

Difficile d’accéder aux services de santé (médecin généraliste, pharmacie, masseur-kinésithérapeute) sur le territoire. Pour les trouver, il faut se rendre dans les communes dotées d’une offre plus variée d’équipements – celles qui comptent au moins quinze services de proximité. Ainsi que le note l’auteur de l’étude, même les infirmiers, qui exercent une profession paramédicale de proximité, se trouvent rarement dans les 12 000 communes dotées de moins de cinq services. Et même lorsqu’il y a davantage de services de proximité (autour de quinze), certains restent rares. C’est le cas des dentistes, pharmacie, masseurs-kinésithérapeutes, fleuristes et boucheries. Tandis que d’autres se généralisent, comme les écoles élémentaires ou terrains de grands jeux.

L’Insee a géolocalisé les équipements et des services sur le territoire, ce qui permet d’effectuer des analyses spatiales ou territoriales fines (niveau infracommunal…) et de comparer leur implantation des équipements avec celle de la population résidente (infirmiers libéraux…).

Marie Gasnier

 

Trois gammes de services

La base permanente des équipements de l’Insee couvre plus de 180 types de services localisés dans 2,4 millions de points d’accès, répartis en trois gammes : proximité, intermédiaire ou supérieure. La gamme de proximité (1,7 million de points d’accès) regroupe les vingt-sept services présents dans le plus grand nombre de communes : commerces (boulangeries, supérettes…), services postaux, écoles élémentaires, artisans du bâtiment, médecins généralistes, terrains de grands jeux… La gamme intermédiaire comprend, par exemple, les banques, les laboratoires d’analyses médicales ou les piscines ouvertes au public. Dans la gamme supérieure se trouvent des commerces comme les poissonneries ou les hypermarchés, les services d’urgences médicales ou les cinémas.

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum