Les communes classées selon cinq profils budgétaires par une étude de la DGCL

Finances locales

Gestion du budget, revenu moyen par habitant, volume d’investissement et d’épargne, capacité de désendettement… : autant de critères qui façonnent le profil budgétaire et financier des communes. Une étude de la DGCL les répertorie en cinq classes.

Plus d’un tiers des communes, en majorité urbaines ou touristiques, présentent une gestion équilibrée de leur budget, avec des recettes et dépenses de fonctionnement par habitant élevées et une épargne brute par habitant supérieure à la moyenne, selon une étude de la DGCL (direction générale des collectivités locales), publiée dans son bulletin statistique de décembre 2018*, qui classe les communes en cinq profils budgétaires et financiers types. Malgré une dette importante (908 euros par habitant), celles-ci ont une capacité de désendettement plus courte que l’ensemble des communes : 4,9 ans contre 5,4 ans en moyenne. Dans cette première classe, l’épargne suffit à financer l’investissement et le revenu moyen par habitant (13 500 euros) est un peu plus élevé que la moyenne (13 200 euros).

À l’opposé, plus d’un quart des communes ont les plus faibles volumes budgétaires (classe 2) : les dépenses et les recettes de fonctionnement par habitant y sont près de deux fois moins élevées que dans la classe 1. Dans cette catégorie, où les communes rurales sont surreprésentées, les dépenses d’investissement sont les plus faibles : 148 euros par habitant contre 296 euros par habitant en moyenne. Elles sont aussi, de ce fait, moins endettées. Le revenu moyen par habitant y est moins élevé que la moyenne (12 500 euros).

Près d’un quart des communes, largement urbaines, appartiennent à la classe 3 ; elles investissent nettement plus que la moyenne (368 euros par habitant contre 296 euros), mais pour cela, elles doivent emprunter, leur épargne brute et leurs recettes d’investissement n’y suffisant pas. C’est dans ce groupe que l’on trouve le niveau moyen d’emprunt par habitant le plus élevé : 164 euros par habitant, contre une moyenne de 83 euros. Elles sont aussi les plus endettées – avec un taux d’endettement de 86,5 % sur la période 2012-2017, alors que la moyenne était de 79,9 %.

Une commune sur dix réussit à dégager un niveau élevé d’épargne brute. Répertoriées dans la classe 4, ce sont des communes à 95 % rurales dont les recettes de fonctionnement dépassent de beaucoup les dépenses de fonctionnement. Les volumes budgétaires par habitant ne sont pas très élevés, mais le niveau d’épargne brute leur permet d’investir sans emprunter. Ces communes, très peu endettées, ont une « aversion au risque financier assez marquée » et une gestion qui peut être qualifiée de « prudente ». Le revenu des habitants est plus bas que la moyenne (12 000 euros).

Quant à la classe 5, elle rassemble 5 % de communes qui semblent en difficulté budgétaire. Avec des dépenses de fonctionnement supérieures aux recettes de fonctionnement, leur épargne brute est négative. Bien que supérieures à la moyenne, leurs recettes d’investissement ne suffisent pas à financer les dépenses d’investissement. Elles ont donc un besoin de financement élevé : – 109 euros par habitant, alors qu’en moyenne, les communes dégagent une capacité de financement de + 13 euros par habitant. Les communes rurales y sont surreprésentées et le revenu moyen par habitant (11 660 euros) est le plus faible des cinq classes. Toutefois, leur volume budgétaire par habitant est proche de la moyenne.

La DGCL note que ces situations ne sont pas figées : les communes peuvent passer d’une classe à l’autre. C’est le cas, par exemple, des « investisseuses-emprunteuses » (classe 3), qui sont en fait principalement issues des classes 1 et 2 et qui y retournent : elles empruntent pour investir, puis reviennent progressivement à des positions financières moins fragiles. Quant aux communes en difficulté apparente, elles restent moins de deux ans dans la classe 5 pour revenir ensuite dans une classe plus stable (classes 1 et 4) ; cela peut correspondre au temps que les recettes de fonctionnement s’ajustent aux dépenses votées, ou que les dépenses s’ajustent aux baisses de  recettes.

Marie Gasnier

* Source : Diversité des communes : cinq profils budgétaires et financiers, DGCL, n° 129, décembre 2018

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