Villes de France demande un programme de revitalisation des centres-villes

Urbanisme

Progressivement, les cœurs de ville se dégradent et se désertifient, confrontés à des enjeux de plus en plus importants. L’objectif n’est plus de les embellir mais de les faire vivre.

Réunies à Paris le 15 mars pour les huitièmes rendez-vous de l’intelligence locale, les villes de France ont lancé un manifeste sur la nécessité de redynamiser les centres-villes et d’y consacrer une politique publique dédiée.

Entre les métropoles et les territoires ruraux, les bassins de vie des six cents villes moyennes (20 000 à 100 000 habitants) contribuent à l’équilibre du territoire. Mais le développement de leurs centres-villes, facteurs d’attractivité, est menacé. Les zones commerciales et les logements neufs construits en périphérie poussent commerçants et habitants à quitter le centre-ville. Ainsi, il n’est pas rare que la vacance des locaux commerciaux dépasse le seuil d’alerte, fixé à 10 %. La réglementation des secteurs sauvegardés augmente le coût de la réhabilitation des centres historiques, où elle interdit parfois certaines adaptations nécessaires (ouvertures, extension, isolation…). Ces contraintes conduisent le patrimoine à se dégrader. Les villes de France manquent également d’un appui en ingénierie, indispensable pour mener des projets complexes. Car ces communes investissent désormais dans des chantiers de plus en plus lourds et coûteux : pôle multimodal, transports en commun en site propre, parkings souterrains, programmes de bureaux…

Commerce, numérique, habitat, urbanisme, ingénierie, desserte ferroviaire : les élus émettent plus de vingt propositions pour faire revivre le cœur des villes. Ils souhaiteraient par exemple que les établissements publics fonciers (EPF) interviennent en priorité dans les centres afin d’aider les collectivités à requalifier les îlots de cœur de ville fortement désaffectés.

Ils proposent que des « périmètres de centralité » soient définis dans les plans locaux d’urbanisme (PLU et PLUI), dans lesquels pourraient être fixées des règles de protection de l’investissement. La réglementation des secteurs sauvegardés et des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) devrait être assouplie. Les collectivités aimeraient également disposer d’un droit de préemption de locaux commerciaux vacants, fondé sur différents dispositifs : fiscalité, financements, procédures…

Les élus demandent aussi que la desserte des villes infra-métropolitaines par le TGV et les TET (trains d’équilibre du territoire) soit maintenue et que des schémas urbains soient rapidement définis à l’échelle des nouvelles régions, pour organiser la multipolarité et renforcer les relations ferroviaires des villes de France avec les métropoles.

Le numérique représente un point important des desiderata des élus, qui souhaitent que la couverture des centres-villes soit accélérée en y déployant le Wifi en libre accès. Les espaces disponibles autour des gares devraient permettre de développer des activités de services et de créer des « tiers lieux » : coworking, Fablab, e-learning… Les élus de Villes de France demandent que la création de ces espaces soit appuyée financièrement.

 

Martine Courgnaud – Del Ry

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