Le littoral soumis à forte pression démographique et environnementale

Urbanisme

Touristes et résidents permanents sont de plus en plus nombreux dans les zones littorales métropolitaines. Conséquences : un accroissement de la pression foncière et des risques pour l’environnement, y compris dans les territoires ruraux et périurbains de bord de mer.

Les zones littorales métropolitaines attirent de plus en plus de monde. La pression démographique et la pression foncière y sont donc en fort développement, et pas uniquement dans les pôles urbains de bord de mer, selon le Commissariat général au développement durable (CGDD), dans une étude* qui porte sur 288 communes rurales littorales.

À l’augmentation des résidents permanents et des touristes s’ajoute celle des territoires artificialisés, davantage concentrés qu’ailleurs sur le territoire. Le CGDD note par exemple 3,5 fois plus de construction de logements dans l’espace rural littoral que dans l’ensemble des zones rurales. Tout cela n’est pas sans conséquences sur l’environnement. La côte atlantique, du Morbihan à la Charente-Maritime, est la plus touchée.

En 1936, la densité de population (193 habitants/km2) était deux fois et demie supérieure sur les côtes métropolitaines que sur le reste du territoire (77 habitants/km2). Une différence qui se retrouve en 2012. Dans les communes littorales (ensemble des communes de bord de mer et lagunaires où s’applique la loi littoral), on compte 285 habitants/km2. De même, le taux d’artificialisation du territoire et la vitesse de disparition des terres agricoles ces quarante dernières années sont deux fois et demi plus importants. Quant aux lits touristiques, ils sont seize fois et demie plus nombreux dans les communes de bord de mer.

La différence entre le littoral et le reste du territoire métropolitain est encore plus marquée pour les zones rurales et périurbaines, selon le CGDD. Ainsi, l’espace rural littoral atteint une densité de population près de deux fois plus importante que la moyenne des territoires ruraux métropolitains. On y construit aussi trois fois et demie plus. Le taux d’artificialisation des terres est le triple en bord de mer et le prix du m2 de terrain à bâtir, le double.

Les couronnes périurbaines littorales subissent elles aussi de fortes pressions : accueil touristique vingt fois plus élevé en bord de mer que dans les communes périurbaines, disparition des terres agricoles plus rapide, densité de population plus importante. En revanche, exception de l’hébergement touristique, les pôles urbains littoraux se distinguent peu des autres pôles urbains. Le caractère urbain semble donc primer sur la proximité de la mer, indique le CGDD.

Pour limiter l’impact de la fréquentation humaine, les mesures de préservation de l’environnement sont plus importantes sur le bord de mer, en particulier dans les communes urbaines et périurbaines : loi littoral visant à maîtriser l’urbanisation, plans locaux d’urbanisme (PLU) et schémas de cohérence territoriale (Scot) plus nombreux sur les côtes, sites du Conservatoire du littoral à l’œuvre depuis quarante ans, sites Natura 2000, réserves naturelles, cœur de parcs nationaux, arrêtés de protection de biotope et réserves biologiques.

Marie Gasnier

 

* Source : Des pressions plus fortes en bord de mer, surtout dans les territoires ruraux et périurbains, Commissariat général au développement durable, juin 2017

Posté le par Marie Gasnier

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