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Le BRGM recense près de 70 décharges littorales potentiellement polluantes

Publié le 27 septembre 2022 à 9h50 - par

La présence sur le littoral de décharges historiques, soumises au recul du trait de côte et à la submersion marine, constitue une menace environnementale majeure, avec le relargage de déchets en mer, notamment plastiques. L’État accompagnera les collectivités pour les résorber.

Le BRGM recense près de 70 décharges littorales potentiellement polluantes

Avec le réchauffement climatique et la hausse du niveau des mers, d’anciennes décharges situées sur le littoral peuvent être sources de pollution : mers (plastiques…), eaux, sols, biodiversité… Il s’agit des anciennes décharges brutes, communales ou non, dont les déchets ont pu être recouverts et dont on a pu perdre la trace. Alors qu’elles étaient parfois éloignées de plusieurs centaines de mètres de la mer, la hausse des océans et l’érosion côtière ayant fait reculer le trait de côte, certaines se trouvent aujourd’hui au bord du littoral. Et les déchets ménagers ou industriels sont susceptibles d’être relargués dans la mer. Le 11 février 2022 à Brest, lors du premier One Ocean Summit, le président de la République s’est engagé à résorber d’ici dix ans les décharges de métropole et d’Outre-mer qui présentent un risque de rejet de déchets en mer.

Depuis les années 70 (loi littoral, réglementation sur les déchets), ces décharges ont été progressivement interdites, et les anciens sites fermés ou abandonnés. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) réalise l’inventaire des décharges littorales exposées aux aléas marins, sous l’égide du ministère de la Transition écologique, ainsi qu’un guide pour les maîtres d’ouvrages publics. Après en avoir identifié cinquante-cinq en février 2022, l’inventaire publié le 20 juillet 2022 en compte soixante-sept. Toutes sont recensées et cartographiées sur le portail Géorisques qui sera régulièrement mis à jour avec le suivi des actions entreprises pour les sécuriser et en limiter les impacts potentiels. Toutefois, l’existence d’une ancienne décharge ne préjuge pas d’une éventuelle pollution : seul un diagnostic peut la confirmer.

Les sites ont été sélectionnés en croisant des informations géolocalisées : décharges à moins de 100 m du trait de côte, situées dans une zone soumise à érosion (falaise en recul…) ou dans une zone de submersion marine potentielle (submersion dans la partie arrière des dunes…). En Outre-mer, les sites proches des ravines ont également été pris en compte. Les décharges peuvent être très diverses selon leur surface, le volume et le type de déchets… Il arrive que ces informations manquent ou soient imprécises (erreurs de localisation…), et le recensement n’est donc pas homogène selon les départements. En outre, certaines décharges, situées en zone de submersion, mais reculées à plus de 100 mètres, ne sont pas recensées.

En outre, l’évaluation des aléas littoraux (érosion/submersion) se fonde sur une cartographie à grande échelle, homogène sur le territoire, qui ne tient pas compte des cartographies locales comme les zonages des plans de prévention des risques, à échelle communale.

Depuis 2018, le comité interministériel de la mer prend des décisions sur les décharges littorales historiques nuisibles au bon état écologique des eaux marines. Le plan d’action « Zéro déchet plastique en mer 2019-2025 » définit des actions visant à réduire fortement l’apport de macro et micro-déchets vers les mers et océans d’ici 2025.

Marie Gasnier

Fonds d’amorçage : 30 millions d’euros en 2022

L’État accompagnera les collectivités pour réhabiliter ces décharges littorales et y restaurer la nature. Elles bénéficieront de l’expertise gratuite du Cerema et d’un soutien jusqu’à 50 % maximum du coût de l’opération par le biais d’un fonds d’amorçage géré par l’Ademe. Doté de 30 millions d’euros en 2022, il contribuera à supprimer trois premiers sites dès cette année : Dollemard (Seine-Maritime), Fouras-Pré Magnou (Charente-Maritime) et l’anse Charpentier (Martinique).