L’an dernier, dans les ministères, les femmes fonctionnaires percevaient, en moyenne, une rémunération brute de 3 751 euros par mois, inférieure de 410 euros à celle des hommes, soit un écart de 9,8 %, selon une étude publiée en février 2026 par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP). En 10 ans, cette différence a diminué de 5 points, en partie grâce à l’augmentation du temps de travail des femmes, précise l’auteure de l’étude.
À temps de travail égal, l’écart de rémunération se réduit depuis 10 ans
En 2025, le temps de travail des agents, particulièrement le recours plus fréquent au temps partiel chez les femmes, explique 68 euros des 410 euros d’écart de rémunération mensuelle brute chez les fonctionnaires des ministères. Une fois l’effet « temps de travail » neutralisé, l’écart s’élève encore à 342 euros. La moitié de ce montant s’explique par un effet de structure appelé « effet de ségrégation des corps ». Celui-ci illustre le fait que les femmes et les hommes occupent des corps de la fonction publique de l’État différents dont les salaires peuvent varier, car ils n’exercent pas les mêmes métiers. « Souvent, les hommes sont davantage présents dans les emplois les mieux payés », résume la DGAFP.
Deux autres effets expliquent, à parts équivalentes, l’écart à temps de travail égal restant : l’effet démographique et l’effet « primes » (respectivement 24 % et 26 %). Le premier met en avant les différences de rémunération entre les femmes et les hommes au regard de leur répartition dans les différents grades et échelons dans chaque corps. L’effet « primes », quant à lui, correspond à l’écart de salaire à emploi comparable (au sens corps, grade, échelon).
Finalement, une fois corrigé des différences de temps de travail entre les hommes et les femmes, l’écart de rémunération a diminué de 3,9 points depuis 2015, pour atteindre 8,1 % en 2025. À emploi comparable, l’écart est réduit à 2,1 % en 2025 et reste du même ordre de grandeur qu’il y a 10 ans, souligne l’auteure de l’étude.
Des rémunérations inférieures quelle que soit la catégorie hiérarchique
En 2025, les rémunérations moyennes à temps de travail égal (en équivalent temps plein) des femmes demeurent inférieures à celles des hommes, et ceci quelle que soit la catégorie hiérarchique, observe la DGAFP. L’écart varie de 5,5 % chez les fonctionnaires de catégorie C à 11,4 % chez ceux de catégorie A (enseignants exclus), quand il est de 8,3 % chez les agents de catégorie B et de 8,7 % chez les enseignants. « Chacun de ces écarts, y compris chez les enseignants, s’explique principalement par le fait que les femmes et les hommes n’appartiennent globalement pas aux mêmes corps de fonctionnaire et que ceux occupés par les hommes sont mieux rémunérés », explique l’étude de la DGAFP.
