Les écoles de la 2e chance (E2C) craignent de ne pas pouvoir croître autant que nécessaire

Publié aujourd'hui à 10h30 - par

Le réseau des écoles de la deuxième chance (E2C), qui accompagne des jeunes éloignés de l’emploi, a indiqué mardi 31 mars 2026 craindre de ne pas pouvoir continuer à se développer autant que les besoins le demanderaient, sur fond de financements des régions fragilisés.

Les écoles de la 2e chance craignent de ne pas pouvoir croître autant que nécessaire
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Réseau E2C : hausse de 4,4 % des jeunes accueillis en 2025

En 2025, ce réseau qui compte 152 sites en France a accueilli près de 18 000 jeunes, 4,4  % de plus qu’en 2024, ont annoncé ses dirigeants lors d’une conférence de presse.

Les jeunes qui intègrent une E2C reçoivent environ 500 euros par mois. Ils sont formés sur la communication écrite et orale, le savoir-être ou encore les outils numériques et effectuent des stages. Pour 61 % d’entre eux, la sortie est positive, vers des formations diplômantes, des contrats de travail ou l’alternance.

Si de nouveaux sites ont ouvert à Montargis (Loiret) et Poitiers en 2025, « la stabilité des financements alloués aux E2C n’a pas permis de créer de nouveaux établissements dans des territoires où les besoins restent pourtant identifiés, comme Aix-en-Provence, la Guadeloupe ou Vesoul, ni de répondre aux besoins croissants exprimés dans des territoires déjà couverts », avertit le réseau.

Ces écoles sont financées environ à 30  % par l’État, 30  % par les régions, 10  % par d’autres collectivités territoriales, 17  % par le Fonds social européen.

Financements E2C : un frein au développement des écoles en France

« Aujourd’hui, les difficultés viennent surtout des régions, l’État n’a touché qu’à la tête de réseau, mais pas aux écoles une par une », constate le président d’E2C France, Alexandre Schajer, exprimant « une inquiétude sur un coup d’arrêt au développement » des E2C. « Il nous manque entre 60 et 70 écoles » pour atteindre une bonne couverture nationale, souligne-t-il.

Dans la région Pays de la Loire, l’avenir de trois écoles est suspendu à des discussions avec le Conseil régional, qui a annoncé il y a deux ans l’arrêt de leur financement dans le cadre d’arbitrages budgétaires. Le directeur général d’E2C France, Cyrille Cohas-Bogey fait état d’inquiétudes également sur les financements en PACA ou Nouvelle-Aquitaine.

Dans les E2C, « le coût d’un parcours est d’environ 6 000 euros, dans les lycées professionnels c’est le double, 12 000 euros, donc on pense qu’investir dans l’accompagnement des jeunes éloignés de l’emploi c’est un investissement rentable, mais il faut s’en donner les moyens », insiste M. Cohas-Bogey, rappelant que la France compte 1,4 million de jeunes « Neet » ni scolarisés, en emploi, ni en formation.

Fin 2025 en France, les Neet représentaient 12,9  % des jeunes de 15 à 29 ans, selon l’Insee. Un plan d’action européen fixe l’objectif de ramener leur proportion à 9  % en 2030.

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