Régions de France a présenté, le 4 juin 2026, les résultats de son étude sur les politiques régionales en faveur de la santé. Fruit d’un travail approfondi mené avec les 18 collectivités régionales, cette étude réalisée par EDATER et Hippocrate Développement dresse un panorama de ces politiques régionales, de leurs évolutions, et dessine les pistes d’une meilleure territorialisation des politiques de santé et de la coopération des territoires. Compétentes en matière de formations sanitaires et sociales depuis 2004, les conseils régionaux ont considérablement renforcé leurs politiques en matière de santé ces dernières années et agissent quotidiennement pour améliorer l’accès aux soins, montre l’étude.
Des dépenses multipliées par trois en dix ans
« Les régions interviennent de manière structurante sur plusieurs leviers majeurs, avec une montée en puissance progressive et continue de leurs engagements depuis 10 ans », confirment les auteurs de l’étude. 83 % d’entre elles disposent désormais d’une feuille de route ou stratégie santé. Et, l’année dernière, les régions ont investi 573 millions d’euros dans la santé. En 2024, elles ont consacré 8,24 euros par habitant en faveur de la santé, contre 2,40 euros en 2015. Les budgets régionaux dédiés à la santé ont ainsi plus triplé en 10 ans !
La santé constitue aujourd’hui une priorité politique affichée dans toutes les régions, se félicite Régions de France. L’accès aux soins et la lutte contre la désertification médicale forment « le socle politique commun. » L’ensemble des conseils régionaux interviennent sur ce sujet en partenariat avec les ARS : co-financement de maisons de santé pluriprofessionnelles et de centres de santé, soutien à l’installation, salariat ou exercice coordonné… « Les régions agissent comme “aménageur sanitaire” du territoire », résume l’étude.
Les perspectives d’avenir
Les travaux conduits dans le cadre de l’étude ont permis d’identifier quatre trajectoires possibles d’évolution du rôle des régions dans la gouvernance sanitaire, sous forme de « paliers » gradués. Ces trajectoires, qui dessinent autant de scénarios, ne constituent pas des revendications de Régions de France, précise l’association, mais des pistes de réflexion prospective, destinées à alimenter le débat public. Voici les quatre scénarios retenus :
- Scénario 1 : Optimisation du cadre actuel. Mieux coordonner sans transformer.
- Scénario 2 : Intégration des politiques publiques. Faire de la santé un prisme transversal.
- Scénario 3 : Co-pilotage territorial renforcé. Partager la gouvernance de santé.
- Scénario 4 : Région cheffe de file territorialisée. Assumer un rôle structurant dans le système de santé.
Il est désormais nécessaire d’identifier des trajectoires d’évolution crédibles permettant de mieux articuler : pilotage national, équité territoriale, subsidiarité locale et capacité stratégique régionale, complètent les auteurs de l’étude.
En conclusion, l’étude plaide pour une logique de « territorialisation sécurisée », à savoir plus de capacité territoriale dans un cadre national garant de l’équité. « L’avenir des politiques de santé réside dans la construction progressive d’un modèle où les régions deviennent, dans un cadre national sécurisé, des stratèges territoriaux pleinement reconnus », sont convaincus ses auteurs.
