Les piscines rurales ont grandement besoin de rénovation, assure le député François Gernigon

Publiée aujourd'hui à 14h00 - par

En 2025, le député d'Angers Nord, François Gernigon, a lancé un grand questionnaire auprès de 400 communes rurales disposant d'une piscine sur leur territoire. 120 d'entre elles avaient répondu qu'elles se colletaient à de réelles difficultés financières pour maintenir l'équipement en l'état. À l'heure des canicules plus intenses et du constat d'une surmortalité des jeunes de moins de 25 ans morts noyés, l'idée de lancer un plan de réhabilitation des piscines rurales est dans l'air (suffocant) du temps. Mais pas avant 2028, aurait tranché la ministre des Sports, Marina Ferrari.
Les piscines rurales ont grandement besoin de rénovation, assure le député François Gernigon

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La note interne que vous avez rédigée en 2025 sur les piscines rurales prend forcément une autre dimension dans le contexte actuel de canicules répétées. Pourquoi avoir décidé de travailler sur ce sujet ?

600 piscines ont été construites en France dans les années 1960. Dans mon quotidien de député, nombreux sont les maires qui m’interpellent sur l’état de vétusté de leur piscine. Pour la plupart d’entre eux, ils ne peuvent prendre en charge les coûts de rénovation, qui oscillent entre 500 000 € et 5 millions d’euros dans les cas où les rénovations sont importantes. C’est pour cette raison que je souhaite interpeller mes collègues parlementaires et la ministre, Marine Ferrari, sur l’urgence d’un plan national de rénovation des piscines. Je lui ai remis le rapport interne que j’ai réalisé avec mon équipe. Les résultats sont édifiants puisque sur les 400 maires consultés, 120 redoutent de ne pouvoir faire face à ces coûts de rénovation.

Ces piscines jouent un rôle social important dans les petites communes. Vous citez certains cas de luttes communales.

À Châteauneuf-sur-Sarthe, en 2022, une mobilisation des habitants a permis en effet de sauver la commune. À Rochefort-sur-Loire, près d’Angers, une autre piscine avait également failli fermer ses portes il y a six ans. Les habitants avaient réalisé eux-mêmes certains travaux de rénovation. Un plan national que je propose vise à la fois à sauver cet équipement indispensable tout en veillant à ce que les réhabilitations entreprises respectent les normes environnementales. Le grand principe est d’éviter de fermer les piscines qui existent déjà. Je propose un « fléchage » de la DETR (dotation des équipements des territoires ruraux) vers la rénovation ou la reconstruction de ces piscines. L’objectif est que les subventions puissent couvrir 70 à 80 % de l’investissement nécessaire.

De plus, ces rénovations respecteraient les normes environnementales…

Il est possible aujourd’hui des construire des piscines simples et peu coûteuses, de 50 mètres de longueur par 10 de largeur, couvertes et ouvertes sur les côtés, évitant ainsi la mise en place d’un déshumidificateur très énergivore. Les maires savent aujourd’hui produire de l’énergie verte et l’autoconsommation énergétique est de plus en plus maîtrisée. Enfin, l’objectif est double : d’abord sociétal, avec des canicules de plus en plus rapprochées qui obligent à ouvrir des ilots de fraîcheur. La piscine est par ailleurs un lieu de brassage social. Enfin, 17 % des jeunes collégiens assurent ne pas savoir nager. Depuis le début de l’été, 90 décès par noyade sont à déplorer, et notamment chez les plus jeunes. À plus d’un titre, rénover de tels équipements s’impose plus que jamais. J’ai eu l’occasion d’en parler avec la ministre, qui me soutient mais l’effort financier serait programmé pour 2028, pas 2027. Il faudra attendre encore un peu.

Stéphane Menu

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