Entre fin 2014 et fin 2024, la présence de contractuels a augmenté dans toutes les filières de la fonction publique territoriale (FPT), sauf dans la police municipale qui ne compte que des agents statutaires. Ils sont désormais 27 %, alors que les fonctionnaires ne comptent plus que pour 68,9 %. La hausse générale des contractuels s’élève à 52,7 % et touche toutes les catégories hiérarchiques, à l’exception de la filière médico-technique, explique la direction générale des collectivités locales (DGCL), dans une étude publiée en septembre 2026 (cf. BIS 215 de septembre 2026). Cette augmentation du nombre de contractuels, qui est supérieure à la baisse de la part des fonctionnaires (- 3,3 %) et des contrats aidés (- 75,6 %), porte la hausse globale du nombre d’agents à 4 % en dix ans. Étant donné qu’il y a aujourd’hui moins de collectivités qu’en 2014, le nombre moyen d’agents par collectivité s’est accru de 14,4 %.
Les transferts de compétences ont augmenté les effectifs des EPCI
En effet, pendant cette période, le paysage territorial a changé, sous l’effet notamment des lois Maptam et NOTRe qui ont impulsé les fusions et regroupements de communes. Parallèlement à la hausse des agents, le nombre de collectivités a donc baissé de 9,1 % en dix ans. Les baisses d’effectifs se rencontrent essentiellement dans les communes de moins de 1 000 habitants, les centres communaux d’action sociale (CCAS) et les syndicats intercommunaux.
Pour leur part, les EPCI ont connu des progressions d’effectifs importantes liées aux transferts de compétences. Alors que les agents employés par les communes ont diminué, on constate l’inverse pour les régions, où ils sont en hausse de 9,7 % malgré les fusions de 2016 qui ont réduit le nombre de régions.
La création des métropoles a fait augmenter d’environ 140 % le nombre d’agents employés dans cette strate de collectivités : soit 103 500 agents pour 47 entités fin 2024, contre 43 600 agents pour 16 fin 2014.
Au moins 3 % d’agents de plus de 50 ans dans toutes les filières
Autre constat de l’étude : le vieillissement des fonctionnaires, dont plus d’un sur deux était âgé d’au moins 50 ans en 2024. Ce, dans tous types de collectivités et dans toutes les filières. En dix ans, leur part a progressé de 11,1 points, passant ainsi de 40,3 % à 51,5 %. Cette progression est d’au moins 9 points, pour tous types de collectivités. Elle est majeure dans les régions, avec 18 points, et la moins importante dans les communes de 150 000 habitants et plus (9,2 %) et les services départementaux d’incendie et secours (SDIS) avec 9,9 points.
Quelles que soient la filière et la catégorie hiérarchique considérées, cette hausse s’élève au moins à 3 %, sauf dans la catégorie A médico-sociale et dans la catégorie B incendie et secours, où sont intervenus certains changements de catégorie hiérarchique et de cadres d’emploi. Ce sont les secrétaires généraux de mairie (85,8 %) et les ingénieurs en chef territoriaux (85 %) qui concentrent le plus de fonctionnaires de plus de 50 ans.
Quant aux contractuels dépassant l’âge de 50 ans, qui représentaient 23,4 % en 2014, ils atteignent désormais 26 %.
Par ailleurs, en dix ans, la féminisation des emplois s’est accrue de 0,8 point. Elle atteint désormais 61,5 % dans les emplois permanents, principalement dans la catégorie A et dans les filières où les hommes sont majoritaires (technique, sportive, police municipale, incendie et secours). Cette évolution est plus modérée dans la catégorie B, mis à part dans la filière animation, ainsi que dans la catégorie C.
Marie Gasnier