WEKA Assistant IA

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Il y a peu, la question de savoir s’il fallait ou non déployer l’IA était posée. Elle paraît appartenir aujourd’hui à une époque très ancienne. Tout va vite et c’est d’ailleurs le but du jeu : gagner du temps et surtout préserver la souveraineté numérique du pays en déployant dans les services publics une IA à la hauteur de la révolution qui vient ou qui est déjà là. C’est le message qu’a tenu à faire passer David Amiel à l’occasion du lancement du plan « Notre IA » le 16 juin dernier. Une enquête présentée à l’occasion, issue d’un questionnaire posé à près de 2 000 agents de neuf administrations publiques, confirme que le mouvement est bien lancé : 89 % des agents utilisent l’IA, mais 55 % d’entre eux s’appuient sur des outils non validées par leur ministère.
Un Assistant très appliqué à sa tâche
L’objectif du plan est de mettre à disposition d’1 million d’agents un outil conversationnel généraliste. 10 000 agents l’ont testé pendant près de 10 mois, sur six ministères. Ils lui ont même donné un petit surnom : l’Assistant. Cette expérimentation a fait l’objet d’une évaluation indépendante. Il en ressort que 75 % des agents trouvent l’outil « utile » et que les gains de temps (admirez la précision de l’évaluation) sont de 12 % sur les actes de rédaction et de 16 % sur le recueil documentaire. Le coût de la première phase de généralisation est de 750 000 € en licences Mistral et puissance de calcul, avec des puces GPU hébergées dans un cloud souverain. L’outil présente de nombreux avantages : résumer un rapport, reformuler une note et même créer un « projet ». Sur ce dernier point, des « agents métiers » sont déjà en place et évolueront en cours d’année.
Outils spécialisés
L’Assistant proposera aussi d’autres outils spécialisés. Transcripts permettra de retranscrire un échange audio en identifiant les intervenants. DiploIA traduira en 64 langues les contenus audios et vidéos. Visio, solution de visioconférence déjà utilisée par 200 000 agents, propose des contenus de réunions et sera la référence de l’État d’ici 2027. D’autres fonctions supports sont proposées, une d’entre elle frisant même l’autodérision : Langage Clair se propose de reformuler les courriers de la DGFiP en langage moins techno ; une manière de reconnaître que certaines missives échappent en effet à la compréhension du commun des mortels. Ce catalogue s’étendra assez vite sous la conduite d’Alliance, l’incubateur des usages de l’IA de l’État.
France services va y regoûter
L’IA fera son retour dans les maisons France services, après une première expérience sans succès avec Albert en 2023. Un nouvel outil d’IA générative sera proposé aux 8 000 conseillers de France service d’ici à l’automne de cette année pour faciliter leurs relations avec les usagers. Le ministre a confirmé la réorganisation du pilotage numérique de l’État annoncée par Sebastien Lecornu le 30 avril dernier. La Dinum va disparaître au profit d’Ariane (Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État). Un nouveau directeur prendra ses fonctions le 24 juin prochain (Ndlr, Walter Arnaud). Sa mission : fixer des standards communs, piloter les infrastructures stratégiques (calcul, cloud, inférence…) et mettre en place les grands partenariats technologiques.
Stéphane Menu
