Le Nord et le Pas-de-Calais inaugurent une coopération renforcée

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Les conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais, réunis pour la première fois en « convention », ont voté mercredi 3 juillet à Arras en faveur d’une « nouvelle ère » de coopération dans leurs domaines de compétences, comme les équipements collectifs et l’aide sociale.

Les quelque 131 élus de gauche et de droite ont adopté les deux rapports à cet effet. Les 25 du PC-FG n’ont pas pris part au vote, notamment en raison des menaces qu’une mutualisation des politiques départementales pourrait faire peser, selon eux, sur l’emploi dans la fonction publique locale.

L’objectif d’une telle démarche est d’assurer de « meilleures efficacités et cohérences des politiques départementales », une « optimisation budgétaire indispensable dans le contexte financier actuel », ainsi qu' »une visibilité et compréhension plus aisée pour les citoyens » de l’accès aux services publics, ont expliqué dans un texte commun les présidents des deux départements, Dominique Dupilet (Pas-de-Calais) et Patrick Kanner (Nord), tous deux PS.

M. Dupilet a cité devant la presse, en marge de la « convention 59/62 » tenue à l’hôtel du département à Arras, certains des premiers sujets d’intérêt commun à aborder dans le cadre de cette coopération : la création d’un guichet unique pour l’aide sociale, le renforcement de la prévention des risques d’inondation des bas-champs du littoral, l’accueil des enfants autistes dans des établissements spécialisés, ou encore l’entretien du bassin minier inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Bien d’autres sujets seront traités au fur et à mesure de ces « conventions », qui se tiendront tous les huit mois. « C’est un moyen de montrer que les départements sont les plus efficaces pour la politique de proximité », a déclaré M. Dupilet. Il répondait à la question de savoir si cette initiative avait entre autres pour but de justifier le maintien du niveau départemental dans le mille-feuille administratif français, souvent critiqué pour son coût et sa complexité.

« Notre rapprochement ne concerne que nos compétences. Nous ne créons pas aujourd’hui un conseil régional bis », a assuré de son côté M. Kanner. S’il s’agit selon lui d' »aller au bout de la décentralisation », dont l’acte III est toujours en discussion au Parlement, il n’est pas question de fusion, comme dans le cadre du projet qui s’est soldé en Alsace par un échec, a-t-il prévenu. « La mutualisation ne nous fait pas peur », a poursuivi le président du département du Nord.

La démarche du Nord et du Pas-de-Calais est « politique », – « co-construire des politiques nouvelles au profit des Nordistes dans les deux départements » -, et non simplement « technique » et financière comme, a-t-il affirmé, celle défendue par son collègue UMP du Loiret, Éric Doligé.

Les trois départements du Loiret, d’Eure-et-Loir et du Loir-et-Cher (région Centre), dirigés par la droite, ont signé le 22 mars un accord « qui les unit officiellement », donnant pour motif la nécessité de « pallier le retrait de l’État », « dans un contexte budgétaire très contraint ».
 

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