Les maires ruraux veulent être desservis en priorité par le très haut débit

Administration

Les habitants des zones rurales ont besoin de « bons débits », afin d’accéder aux mêmes usages que les citoyens des villes. Les élus demandent que ce droit figure dans une loi.

S’estimant trop souvent tenus à l’écart des avancées technologiques que connaît le secteur des télécoms ces dernières années, les maires ruraux se mobilisent pour le très haut débit. Ils souhaitent que les déploiements de réseaux en fibre optique concernent, en priorité, les zones rurales, où les attentes des particuliers et des professionnels sont plus fortes qu’en milieu urbain.

En effet, même si la fibre optique est déjà disponible dans plusieurs agglomérations, on y relève pourtant peu de souscriptions aux abonnements très haut débit : les foyers urbains peuvent se satisfaire des offres Adsl, qui proposent des connexions de plusieurs dizaines de mégabips (Mbps). Fin juin 2012, sur plus de 5 millions de foyers raccordables au très haut débit, 760 000 seulement étaient effectivement abonnés.
 

Réévaluer régulièrement les débits planchers

Réunis en assemblée générale, le 7 octobre, les territoires ruraux ont adopté une motion sur l’aménagement numérique du territoire. Ils souhaitent notamment que les priorités d’investissement dans la fibre optique et le très haut débit mobile (4G) se concentrent en milieu rural. L’Association des maires ruraux de France (AMRF) estime qu’un « bon débit » pour tous disponible partout serait nécessaire. Ce bon débit, c’est le débit plancher disponible pour accéder aux « usages du moment », et qu’il faut réévaluer au fur et à mesure que ceux-ci se développent.

L’AMRF rappelle également la nécessité d’assurer un financement pérenne du chantier du très haut débit. De manière à garantir les droits des habitants des territoires ruraux, l’Association demande à François Hollande et aux parlementaires de faire voter un « droit opposable au bon débit ». En outre, l’AMRF invite les maires ruraux à se tourner vers leurs communautés de communes, ainsi que vers les départements et les régions, pour engager une collaboration autour du déploiement rapide du très haut débit sur leur territoire.
 

Trois opérateurs demandent des règles de déploiement standard

Dans un premier temps, la requête récente de trois opérateurs d’opérateurs pourrait permettre un bon démarrage des déploiements en zones rurales et périurbaines. Altitude Infrastructures, Axione et Covage, impliqués dans l’aménagement numérique depuis plusieurs années, auprès des collectivités, demandent des règles communes pour développer le très haut débit hors des zones les plus denses.

Ils ont interpellé en ce sens la nouvelle mission chargée de suivre le très haut débit. En harmonisant l’ingénierie et le marketing des services, cela permettrait de créer un effet de masse bénéfique. Par ailleurs, ils souhaiteraient que soit encadrée l’activation des infrastructures déployées, indispensable au lancement d’une concurrence effective sur les réseaux des zones les moins denses. Les Français pourraient ainsi accéder à des services très haut débit performants, à coût compétitif et en toute équité.

Marie Gasnier

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