Numérique : agir en faveur des territoires les plus fragiles

Administration

Avec plus de vingt recommandations, le rapport de Claudy Lebreton encourage le développement du numérique pour tous les territoires : il s’agit de généraliser les expériences et de mutualiser.

« Les technologies numériques sont un outil précieux pour susciter la créativité et l’innovation territoriale », en particulier là où se concentrent les inégalités : territoires prioritaires de la politique de la ville, zones hyper-rurales, villes petites et moyennes frappées par la désindustrialisation. Tel est le constat de Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes-d’Armor et de l’Assemblée des départements de France (ADF), dans son volumineux rapport, remis le 18 septembre à la ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, Cécile Duflot. Car les technologies offrent aux territoires des opportunités multiples : développement économique, valorisation du patrimoine, santé, éducation, renforcement des services publics, accessibilité…
 

Conventions à l’échelle de bassins de vie

Claudy Lebreton émet une vingtaine de propositions pour renforcer l’utilisation du numérique au profit des territoires, dans l’optique de généraliser les pratiques, souvent cantonnées à l’expérimentation, et de mutualiser : usages et services pourraient ainsi être pensés dans des logiques de « bassins de vie ». Des « conseils locaux du numérique » pourraient y impulser les politiques et formuler des recommandations. Les collectivités pourraient aussi s’engager dans des « conventions locales de coopération et d’innovation numérique ».
 

Transition et innovation

Autre mesure préconisée : offrir aux territoires les plus ruraux, les plus éloignés des équipements, les plus excentrés et les plus fragiles, un statut de « territoire de transition et d’innovation », destiné à compenser le développement des métropoles. Cela leur ouvrirait droit à des dispositions administratives, réglementaires et fiscales, exceptionnelles et modulables : avantages fiscaux pour les opérateurs de services privés, pour les entreprises qui encouragent le télétravail à temps partiel de leurs salariés, pour les télétravailleurs indépendants…

En outre, cette politique volontaire d’une ruralité, rendue durable grâce au numérique, répondrait à l’une des conditions d’accès aux fonds européens 2014-2020 préconisées par la Commission européenne.
 

E-commerce de proximité

La télémédecine et la télé-assistance, qui permet de maintenir les personnes âgées ou malades à leur domicile, seraient encouragées. Elles participent notamment à réduire les coûts et à pallier les conséquences de la désertification médicale, qui frappe les territoires excentrés et défavorisés.

L’information des voyageurs en temps réel et les services de transports intelligents, qui contribuent à fluidifier les déplacements, sont aussi des pistes à exploiter.

Les collectivités pourraient également être incitées à développer des plates-formes locales d’e-commerce de proximité, pour mettre en relation acheteurs et vendeurs locaux, ou des plateformes mobiles de biens et de services géolocalisées, à vocation touristique ou non.

Quant au déploiement des réseaux mobiles ultra-rapides, il devrait être accéléré dans tous les territoires. En effet, Claudy Lebreton préconise d’ouvrir une table ronde nationale associant État, collectivités, opérateurs et usagers.
 

Marie Gasnier

Pour aller plus loin :

« Les territoires numériques de la France de demain », rapport réalisé avec le concours du Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) et de l’Assemblée des départements de France

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