Réforme territoriale : l’Alsace prépare un amendement sur son « conseil unique »

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L’Alsace prépare un amendement pour le Sénat dans le cadre de la réforme territoriale, en vue de ressusciter son projet de fusion des départements et de la région en un conseil unique, a annoncé lundi 13 octobre le président de la région, Philippe Richert (UMP).

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Deux jours après avoir rassemblé entre 7 000 et 15 000 manifestants à Strasbourg contre le projet de mariage de l’Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne et pour un conseil unique en Alsace, Philippe Richert entend continuer la lutte au Sénat, où la droite est majoritaire et qui doit prochainement commencer l’examen de la réforme territoriale.

« La création du conseil d’Alsace pourrait être pour le gouvernement une réelle opportunité de prouver que c’est possible » de fusionner départements et régions, a fait valoir M. Richert lors d’un point de presse.

Il a rappelé avoir obtenu récemment l’assurance du Premier ministre, Manuel Valls, que le gouvernement pouvait « bouger, notamment en Alsace », sur la nouvelle carte des régions adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale.

Cette dernière prévoit la création d’une grande région Alsace/Lorraine/Champagne-Ardenne, alors que les Alsaciens s’étaient résignés à un mariage avec les Lorrains.

Selon M. Richert, même en obtenant l’assurance que Strasbourg en devienne la capitale, « l’Alsace sera diluée dans cette région grande comme deux fois la Belgique ». Pour des raisons pragmatiques, le siège strasbourgeois finirait inévitablement par être contesté par les élus de Champagne-Ardenne, fait valoir Philippe Richert.

Selon lui, un retour à une fusion Alsace-Lorraine est « totalement illusoire » après le vote de l’Assemblée nationale en première lecture, et désormais « le seul moyen d’éviter la fusion à trois régions, c’est le conseil unique d’Alsace ».

La réforme territoriale doit faire l’objet d’un discours de politique générale du Premier ministre Manuel Valls le 28 octobre et être examinée dans la foulée par le Sénat. D’ici là, une commission spéciale du Sénat doit se pencher sur le texte et les amendements.

Samedi à Strasbourg, une grande manifestation « pour une Alsace unie », sans la Lorraine et la Champagne-Ardenne, initiée par les chambres consulaires d’Alsace et soutenue notamment par la droite, a réuni entre 7 000 personnes, selon la police, et 10 000 à 15 000 selon les organisateurs.

Les trois collectivités alsaciennes ont ressuscité le 22 septembre le projet d’un « conseil unique » d’Alsace, pourtant rejeté lors d’un référendum régional en 2013 en raison notamment d’une trop faible participation au scrutin.

L’Alsace s’était au départ résignée à l’idée de fusionner avec la Lorraine. Mais la proposition des députés le 23 juillet de rajouter la Champagne-Ardenne a incité la droite et le centre alsacien à s’opposer désormais à toute fusion.
 

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