Le Sénat adopte le projet de loi sur les données publiques

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Les sénateurs ont adopté lundi 26 octobre le projet de loi sur la gratuité de la réutilisation des données publiques (open data) en limitant les « sur-transpositions », qui auraient pour conséquence de placer les organismes publics français en situation défavorable par rapport à leurs homologues d’autres États-membres de l’Union européenne.

L’objectif du projet de loi de la secrétaire d’État en charge de la Réforme de l’État, Clothilde Valter, qui transpose une directive européenne de 2013, est en effet de favoriser la réutilisation des données publiques.

Le texte comprend 9 articles qui proposent notamment de supprimer le régime particulier de réutilisation des informations contenues dans les documents produits ou reçus par les établissements ou institutions d’enseignement et de recherche ou culturels, de limiter à dix ans la possibilité d’accorder un droit d’exclusivité à un tiers pour la réutilisation d’informations publiques, sauf si ce droit a été accordé en contrepartie de la numérisation de ressources culturelles, et de poser le principe de la gratuité de la réutilisation des informations du secteur public.

Les députés avaient refusé de supprimer les redevances que peuvent imposer certains organismes comme l’Insee.

Les sénateurs les ont suivis, en autorisant la perception de redevance pour la réutilisation de certains documents pour lesquels l’organisme producteur est tenu de générer des recettes pour couvrir une part substantielles de ses coûts.

« Bien des utilisateurs de ces données ne sont pas seulement les sympathiques membres de la société civile, mais aussi et souvent de redoutables multinationales, qui n’auront plus rien à payer », a souligné M. Portelli. « Nous n’avons aucune raison de les favoriser exagérément ».

Les sénateurs ont en revanche supprimé l’obligation, introduite par les députés, de mise à disposition des informations publiques sous forme électronique afin de ne pas faire peser sur les administrations une charge qu’elles ne seraient pas toujours en mesure d’assumer.

Ils ont aussi maintenu le régime dérogatoire en vigueur pour la réutilisation des informations détenues par les organismes de recherche et d’enseignement supérieur tout en le cantonnant aux informations produites dans le cadre de leurs activités de recherche.

Mme Valter a indiqué que la question des redevances pourrait être réétudiée dans le cadre du prochain projet de loi sur le numérique porté par sa collègue Axelle Lemaire.

Le texte pour lequel le gouvernement a engagé la procédure accélérée doit faire à présent l’objet d’une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) chargée de trouver une version commune aux deux chambres.

 

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