Tech.gouv : le programme de transformation numérique du service public s’étoffe

Administration

La feuille de route du programme numérique gouvernemental Tech.gouv a été réactualisée en juillet, en partie à la suite de la crise sanitaire, qui a démontré l’utilité de la dématérialisation. Porté par des avancées notables, l’objectif d’accélérer la transformation numérique du service public demeure.

Lancé en 2019 pour accélérer la transformation numérique du service public et résorber son retard, le programme numérique de l’État, Tech.gouv, fait aujourd’hui l’objet d’un premier bilan détaillé. La crise du Covid-19 étant passée par là, montrant l’importance fondamentale du numérique – qu’il s’agisse de télétravail ou de résilience des réseaux par exemple -, le gouvernement a choisi d’ajouter cet été trois nouvelles actions à la liste qui en comporte désormais trente-huit. Cette actualisation de la feuille de route et de son calendrier sont inhérents au programme, voué à évoluer en continu en fonction de ses objectifs, de ses ressources, des succès et des échecs constatés au fil des travaux. « Ce premier anniversaire du programme donne l’occasion d’un bilan qui consacre quelques réussites notables et clarifie le chemin restant à parcourir, d’autant que la crise sanitaire a complexifié l’exécution du programme, tout en imposant de nouveaux chantiers prioritaires », constate ainsi le directeur interministériel du numérique, Nadi Bou Hanna.

Le premier projet, piloté par la mission Infra, a pour but de lancer des infrastructures et des services numériques mutualisés (réseau, cloud, outils de travail). Ce « sac à dos numérique » de l’agent public (SNAP) doit lui permettre de travailler aussi bien sur site qu’à distance : terminaux, logiciels, outils collaboratifs, accès aux applications, usage des moyens personnels (Avec pour Apportez votre équipement de communication, en anglais Byod pour Bring your own device). Il devra déboucher sur des propositions d’évolution potentiellement majeures et avec des effets induits sur l’ensemble du système d’information de l’État.

Le deuxième projet (mission Data) vise à aider les administrations, sur les plans technique, juridique et managérial, afin qu’elles puissent piloter les politiques publiques par la donnée. Il conviendra donc de leur apprendre à analyser les données (data sciences) avant de définir les politiques publiques, et à mesurer l’impact de ces politiques (data visualisation, prospective). Cette prise de décision « éclairée » par la donnée concernera aussi le niveau opérationnel, en améliorant la qualité d’activités publiques : contrôle, aides aux entreprises, soutien social… Les technologies de l’intelligence artificielle (traitement par langage naturel, big data…) y contribueront directement.

Enfin, le troisième projet (Lab GovTech
au sein de la mission Label) concerne l’expérimentation par les administrations de solutions innovantes 
et de nouveaux usages venus de la société civile (entreprises, associations) : intelligence artificielle, chatbots (agent conversationnel), automatisation des processus robotisés.

À l’inverse, cinq actions de Tech.gouv sont désormais terminées, comme Dites-le nous une fois, guichet qui permet aux administrations d’échanger les informations relatives aux usagers.

Rappelons que les collectivités qui le souhaitent peuvent inscrire leur action numérique dans Tech.gouv. Objectif : « présenter aux usagers une offre de service cohérente, gommant les découpages administratifs ».

Marie Gasnier

Un service public « augmenté »

Tech.gouv repose sur une stratégie qui répond à six enjeux : simplification, inclusion, attractivité, maîtrise, économies, alliances. Chaque ministère contribue au programme selon ses capacités.

Posté le par

Recommander cet article