Patrimoine rural délaissé : un rapport sénatorial s’inquiète des emplois en jeu

Communication

Un rapport sénatorial a tiré jeudi 4 juin 2020 la sonnette d’alarme sur le soutien insuffisant au patrimoine rural pourvoyeur de centaines de milliers d’emplois et sur le sort désastreux de « milliers de propriétaires » qui l’entretiennent.

Pour Jean-Marie Bockel (Union Centriste), qui préside la délégation aux collectivités territoriales du Sénat, « le patrimoine, ce sont des emplois locaux, non délocalisables, un enjeu de développement local et un levier d’attractivité touristique ».

La crise sanitaire, écrit-il, « a plongé des milliers de propriétaires dans une situation désastreuse. Sans visiteurs, certains ne peuvent plus faire face à leurs charges. Sans compter que beaucoup de chantiers sont à l’arrêt. Les conséquences pourraient être dramatiques car 500 000 emplois dépendent du patrimoine ».

« Nos artisans, autoentrepreneurs, entreprises de taille intermédiaire, ont besoin de remplir le carnet de commandes », a-t-il ajouté après le confinement.

Le 7 mai 2020, devant la délégation, l’animateur Stéphane Bern, missionné pour sauver le patrimoine en péril, avait lancé un appel « à faire du patrimoine rural une grande cause nationale ». 

Emmanuel Macron, dans un discours au monde de la Culture, avait auparavant déçu en n’abordant pas la question du patrimoine.

Le rapport, rédigé par Sonia de la Provôté (Union Centriste) et Michel Dagbert (Socialiste et républicain), appelle à mieux recenser « le patrimoine vernaculaire de proximité ». Il prône de développer les nouveaux usages et les usages mixtes, de consolider l’ingénierie à disposition des communes, en particulier celle des services de l’État en direction des communes de petite taille souvent démunies. Il s’agit aussi, propose-t-il, de renforcer les moyens financiers, en mobilisant, en plus des aides publiques, les financements privés. 

Le rapport évoque également le patrimoine religieux, alors que de nombreuses petites églises et chapelles sont en péril. 

Pour Sonia de la Provôté, « les Français aiment leur patrimoine avec passion. Mais la crise actuelle risque de créer une déflagration sur le patrimoine au niveau local ».

Elle appelle à profiter des chantiers patrimoniaux pour relancer l’économie et à « réfléchir à une réorientation du loto du patrimoine sur le patrimoine de proximité ». 

Pour Michel Dagbert, « il ne faut pas que le patrimoine soit une variable d’ajustement ». Les sénateurs recommandent de supprimer les taxes pesant sur le loto du patrimoine.

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