49 communes du Grand Paris prêtes à l’interdiction des véhicules polluants au 1er juillet 2019

Développement durable

Plus de la moitié des 79 communes du Grand Paris situées dans le périmètre où s’établira à partir du 1er juillet 2019 l’interdiction de circulation des véhicules les plus polluants, ont accepté d’adhérer à cette Zone à faible émission (ZFE), a annoncé vendredi 21 juin le président de la Métropole du Grand Paris (MGP).

Mais « la verbalisation n’interviendra pas avant 2021 », a insisté Patrick Ollier (LR), président de la MGP, en séance du conseil métropolitain, soulignant qu’il y aurait d’abord une période de pédagogie, avec notamment la distribution de fascicules d’information par les polices municipales.

La métropole du Grand Paris avait voté en novembre 2018 l’interdiction de circulation des véhicules les plus polluants dès le 1er juillet 2019, sur la base du volontariat de chaque commune, soit les véhicules diesel de plus de 18 ans et essence de plus de 21 ans, dans un large périmètre situé à l’intérieur de l’A86, qui forme une boucle autour de Paris.

Au total, a précisé M. Ollier, 49 communes ont rejoint la ZFE, soit « plus de 70 % de la population » concernée, ainsi que quatre communes hors du périmètre.

Dans ces communes où chaque maire signera un arrêté d’application de la ZFE, les véhicules Crit’Air 5 et non classés seront théoriquement interdits de circulation dès le 1er juillet, soit « environ 30 000 véhicules, sur 5,5 millions d’habitants », a expliqué M. Ollier, rappelant, que selon les experts, il y avait « 6 600 morts par an prématurées » dans le périmètre de la MGP.

Un calendrier progressif étendra ensuite cette mesure aux autres vignettes, pour atteindre en 2030 l’objectif de 100 % de véhicules propres en circulation.

Le conseil métropolitain a par ailleurs voté une convention avec l’État pour la mise en place d’un « guichet unique », une plateforme numérique (jechangemavoiture.gouv.fr) qui devrait voir le jour « début juillet », et permettra de recenser, en fonction de ses revenus, les primes à la conversion de l’État et de la métropole, et de remplir les dossiers de demande.

Dans ce cadre, la métropole a augmenté sa subvention de 5 000 à 6 000  euros, pour les plus modestes, ce qui permet d’obtenir des aides cumulées État-MGP allant jusqu’à 17 000 euros pour un véhicule neuf, et 10 000 euros pour un véhicule d’occasion.

Quelques élus ont cependant exprimé des réserves sur cette ZFE, à l’instar de Jean-Paul Bolufer, maire-adjoint (LR) de Colombes (Haut-de-Seine) qui a dit « craindre qu’on ait mis la charrue avant les bœufs, sans que la question du financement des véhicules à racheter soit réglée ».

« Je n’engagerai le processus de verbalisation que lorsqu’on aura les réponses du gouvernement » concernant les dispositifs d’aides « pour permettre aux ménages les plus modestes de pouvoir payer le reste à charge », a assuré M. Ollier.

Il a précisé avoir eu un avis positif du gouvernement concernant des prêts à taux zéro et des dispositifs de micro-crédits pour les plus défavorisés. « J’ai bon espoir que ça soit réglé avant la fin de l’année », a-t-il dit.

Pour Emmanuel Grégoire, premier adjoint PS de la maire de Paris Anne Hidalgo, qui a déjà interdit les voitures Crit’air 5 et s’apprête à faire de même pour les Crit’air 4, « l’hésitation sur la ZFE serait une procrastination ».

La MGP a aussi voté le financement, pour chaque commune qui le demandera, de 80 % de l’achat de panneaux de signalement de la ZFE (pour un maximum de 30 panneaux par commune).

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