Deux cents communes distinguées en 2015 pour la qualité de leur éclairage nocturne

Développement durable

L’éclairage public nocturne émet 94 % de plus que dans les années 90. Bons élèves, les « villes et villages étoilés » sont labellisés et appelés à poursuivre leur démarche de progrès.

Les collectivités sont de plus en plus attentives aux conséquences de la lumière artificielle et limitent les éclairages nocturnes, qui coûtent cher et ont des effets néfastes en particulier sur la santé et la biodiversité. En 2015, 202 communes (de 23 à 37 000 habitants…) ont reçu le label « Villes et villages étoilés » de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANCPEN), valable quatre ans.

L’ANPCEN souhaite favoriser les communes qui se fixent des objectifs de progrès, maîtrisent leur consommation énergétique, développent l’extinction en cours de nuit même partielle, optimisent la direction des émissions lumineuses. Elle encourage la signalisation passive, l’absence de mise en lumière du patrimoine naturel et bâti, la suppression des lampes à lumière blanche néfastes pour l’environnement et la santé publique, ainsi que la sensibilisation des citoyens.

Le concours s’inscrit dans la ligne de plusieurs objectifs : limitation des nuisances lumineuses, loi de transition énergétique, accord de Paris de la COP21, préservation de la biodiversité et des paysages, ou encore création de continuités écologiques qui doivent rester fonctionnelles également la nuit… Bilan : les villes et villages étoilés éclairent entre 35 % et 48 % moins et économisent 37 % d’énergie en moyenne. Quelques exemples.

Située dans le parc naturel régional du Vercors, Autrans (Isère, 1 751 habitants) a choisi de ne plus ajouter aucun point lumineux pour ne pas rompre le corridor nocturne du vallon, y compris entre la commune et la station de ski, située à 5 km et sans éclairage public dédié.

Depuis plusieurs années, Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes, 11 000 habitants) rénove son éclairage public avec des lampes qui focalisent la lumière sur la zone à éclairer et des sources lumineuses qui limitent les conséquences sur la biodiversité. Progressivement, la commune adapte son éclairage aux besoins réels, en éteignant près de huit lampadaires sur dix une partie de la nuit, dont certains en centre-ville.

À Saint-Ferreol-d’Auroure (Haute-Loire, 2 474 habitants), c’est l’implication des habitants et des associations dans le choix des matériels, implantations, horaires et le suivi des projets énergétiques (réunions publiques, comités de quartier…) qui a été saluée.

Toutes les communes qui participent au concours reçoivent une évaluation individuelle de leurs actions et des conseils pour renforcer la qualité de la nuit sur leur territoire.

Soutenue par le ministère de l’Environnement, la Fédération nationale des parcs naturels régionaux, Parcs nationaux de France et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), l’ANCPEN a distingué 570 communes depuis 2009, récompensées de 1 à 5 étoiles en fonction de leurs efforts en vue de limiter la pollution lumineuse nocturne.

 

Marie Gasnier

L’impact des nuisances lumineuses est évalué selon quatre critères indissociables : consommation et orientation des sources lumineuses, puissance lumineuse installée et colorimétrie des lampes pour limiter au maximum les impacts de la pollution lumineuse due à la lumière blanche. Ces critères sont ajustés chaque année en fonction des évolutions réglementaires.

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