À l’occasion du 27e Carrefour des gestions locales de l’eau, organisé par idealCO les 21 et 22 janvier 2026 à Rennes, l’ATEP a dévoilé les résultats d’une enquête nationale menée auprès de 1 000 Français et de plus de 200 élus et agents de collectivités locales pour connaître leurs attentes en matière de gestion locale de l’eau. Si la question s’impose aujourd’hui comme une priorité partagée, il convient désormais de « passer d’une prise de conscience généralisée à des actions concrètes et durables sur les territoires », plaide le syndicat professionnel des Acteurs du traitement des eaux de la parcelle.
La gestion de l’eau, une priorité pour toutes les collectivités
L’enquête met en évidence la forte mobilisation des acteurs publics locaux. La quasi-totalité (96 %) des collectivités considèrent aujourd’hui la gestion de l’eau comme une priorité. Pour elles, les enjeux liés au changement climatique arrivent en tête, avec l’anticipation des périodes de sécheresse, la réduction des prélèvements d’eau et la gestion des risques d’inondation et d’incendie.
Concrètement, 43 % des collectivités ont déjà engagé des actions de gestion de l’eau à la parcelle et 46 % mis en place des démarches de valorisation des eaux de pluie. Cependant, des freins demeurent. Les collectivités locales pointent, notamment, le manque de financements (47 %), les contraintes liées à la maintenance des équipements (33 %) et le déficit d’information sur les aides et solutions existantes (28 %).
Une préoccupation aussi pour les Français
Côté citoyens, la prise de conscience est aujourd’hui réelle, souligne également l’enquête. Deux tiers (67 %) des Français déclarent que l’économie d’eau représente, pour eux, une préoccupation importante. Ce chiffre s’avère encore plus élevé chez les 25-34 ans, « signe d’une sensibilité accrue aux enjeux environnementaux, davantage qu’à la dimension économique de la ressource », précise l’ATEP.
Si les Français rejoignent les collectivités locales sur les enjeux que sont l’anticipation des périodes de sécheresse intense (87 %) et la réduction des prélèvements d’eau (74 %), ils accordent aussi beaucoup d’importance à l’anticipation des risques d’incendie (76 %).
S’agissant de la consommation d’eau, presque tous (93 %) s’y disent attentifs, en particulier les femmes et les seniors, dans des proportions bien supérieures aux 18-24 ans, qui, pour 21 % d’entre eux, déclarent ne pas faire particulièrement attention à réaliser des économies d’eau.
Les Français s’affirment très investis dans leur engagement en matière d’économie d’eau. Ainsi, les trois quarts d’entre eux déclarent réaliser des économies tout au long de l’année et les deux tiers réduire leurs usages de l’eau (réduction de la quantité d’eau quotidienne, installation d’équipements économes en eau…). Pour agir sur les économies d’eau, les Français privilégient la réduction de l’usage de l’eau comme la première action à mener (68 %), ainsi que la récupération des eaux de pluie pour arroser son jardin ou laver sa voiture (51 %). La génération 55-64 ans se montre déjà très active dans la récupération des eaux de pluie (58 %), au contraire des 18-35 ans (46,5 %). En revanche, ces derniers sont davantage sensibilisés à l’utilisation des toilettes sèches – 15 % contre 5 % pour leurs aînés –, ainsi que pour le recyclage des eaux grises pour l’alimentation de la chasse d’eau (34,5 %). « La gestion de l’eau passe avant tout par une utilisation raisonnée et intelligente, commente le délégué général de l’ATEP, Jérémie Steininger. Nous devons collectivement inciter les citoyens à utiliser des eaux non conventionnées (eaux de pluie, eaux grises) pour certains de leurs usages quotidiens. Le particulier a encore besoin de la démonstration de la collectivité pour agir. »
La moitié des Français prêts à payer leur eau plus cher
Les deux tiers des Français jugent normal de payer moins cher l’eau que l’énergie (67 %), une tendance plus marquée chez les 25-34 ans (78 %) que chez les 55-64 ans (56 %). Néanmoins, la moitié d’entre eux (52 %) accepteraient une hausse de leur facture en eau. Et ce dans des proportions de :
- + 5 %, pour 33 % ;
- entre + 5 % et + 10 %, pour 15 %.
S’ils sont convaincus de l’importance de la réduction de leur consommation d’eau, les Français observent plusieurs freins pour atteindre cet objectif. D’abord un manque de connaissance sur les solutions existantes (28 %), puis le manque d’information sur les aides à disposition (21 %). « C’est donc aux différentes collectivités et organismes étatiques, avec l’appui et le soutien de l’ATEP, d’accompagner les citoyens en leur portant à connaissance les différentes options à disposition de gestion de l’eau pour enfin passer de l’intention à l’action. Il faut passer à la vitesse supérieure, il y a encore un vrai besoin de pédagogie et de sensibilisation sur l’eau. Cela confirme bien que les Français doivent être largement soutenus en vue de la généralisation du stockage, du traitement et de la valorisation des eaux à l’échelle du bâtiment et de la parcelle via les aides des agences de l’eau ou en l’intégrant dans un dispositif national comme France Rénov », soutient Jérémie Steininger.
