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Le Gouvernement essaye d’anticiper la sécheresse

Publié le 2 mai 2022 à 8h30 - par

Face au risque de sécheresse cet été en France, les agences de l’eau pourront dépenser 100 millions d’euros supplémentaires pour aider les filières agricoles à s’adapter au changement climatique ou créer des retenues d’eau, une mesure pourtant contestée, selon un communiqué du Gouvernement publié vendredi 29 avril 2022.

Le Gouvernement essaye d'anticiper la sécheresse

« La recharge des nappes d’eau souterraines de cet hiver a été modeste » et « selon les prévisions de Météo-France, le scénario le plus probable pour le printemps est une période plus sèche et chaude que la normale », souligne un communiqué. Le gouvernement publiera après la fin mai 2022 « une carte de prévision du risque de sécheresse pour cet été ».

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher et la secrétaire d’État à la biodiversité Bérangère Abba ont réuni récemment « les préfets coordonnateurs des sept bassins hydrographiques métropolitains afin de les inviter à anticiper les mesures nécessaires à la préservation de la ressource en eau et veiller aux enjeux d’eau potable, d’agriculture et de production d’énergie ».

Les ministres ont aussi augmenté pour 2022 « de 100 millions d’euros le plafond de dépenses des agences de l’eau, ce qui permettra de lancer des actions supplémentaires (…) pour accompagner les filières agricoles dans leur stratégie d’adaptation au changement climatique », inciter aux économies d’eau, lutter contre les fuites d’eau dans les réseaux, réutiliser les eaux traitées usées ou encore pour « l’optimisation des retenues existantes ou à la création de nouvelles retenues » d’eau pour les besoins agricoles.

Cette dernière mesure est pourtant décriée : ses opposants dénoncent le risque d’assèchement des nappes profondes autour de retenues d’eau surdimensionnées et destinées seulement à quelques agriculteurs. Ils les accusent aussi de soutenir des cultures trop gourmandes en eau, comme le maïs. Ces mesures font suite au « Varenne agricole de l’eau et du changement climatique » qui s’est conclu en début d’année.

France Nature Environnement (FNE), qui représente près de 6 000 associations, avait décidé de ne pas y participer, y voyant une volonté de déposséder le ministère de la Transition écologique de sa compétence sur les questions liées à l’eau. L’organisation avait aussi mis en garde contre la tentation de « résoudre les problèmes des sécheresses par l’irrigation intensive et la création de nouvelles retenues », des « propositions techniques simplistes, bien que séduisantes à première vue ».

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