Hospitaliers et travailleurs sociaux en tête d’une journée d’action du service public

Dialogue social

Marre de « faire toujours plus avec moins » : infirmiers, aides-soignants ou encore assistantes sociales ont manifesté mardi 7 mars dans toute la France pour dénoncer leurs conditions de travail, rejoints par d’autres représentants des services publics.

Ils étaient entre 10 000 et 12 000 à Paris, selon la police, « au moins 30 000 », selon la CGT de la fonction publique, qui annonçait 1 500 manifestants à Marseille.

Parti en début d’après-midi de la place Denfert-Rochereau (14e) dans une ambiance bon enfant, le cortège parisien est arrivé vers 15h00 sans incident aux Invalides, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Les manifestants, parmi lesquels le candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, répondaient à l’appel d’une intersyndicale FO-CGT-SUD et de 16 syndicats et associations d’infirmiers salariés et libéraux.

Ce mouvement s’est télescopé avec une grève des contrôleurs aériens et à Air France où la négociation annuelle sur les salaires a été troublée par des manifestants.

« La santé ce n’est pas une dépense, c’est un service public », a déclaré à l’AFP le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

« Manque de personnel et de moyens », « épuisement professionnel », course « à la rentabilité », perte de sens : les maux dénoncés sont nombreux. « On nous demande de faire toujours plus avec moins d’effectifs », raconte Julie Edeline, aide-soignante à Rouen.

Accrochée à une pancarte « Patients en galère, orthos en colère », Lucie, étudiante en orthophonie à Tours, témoigne, elle, d’un manque de reconnaissance : « On fait 5 ans d’études, mais nous ne sommes reconnus que bac +2 » et payés « 50 euros au-dessus du Smic ».

L’intersyndicale réclame « l’abandon » des groupements hospitaliers de territoire (GHT), du plan triennal d’économies de « 3,5 milliards » d’euros ou encore « l’arrêt des fermetures de lits ». Elle fustige également la remise en cause des 35 heures.

« Le million de Fillon pour l’hôpital », pouvait-on entendre crier dans le cortège parisien.

Les fédérations de fonctionnaires, notamment CGT, FO, FA-FPT (Autonomes), FSU avaient appelé les agents à rejoindre le mouvement afin de dénoncer aussi la réforme territoriale et les conséquences des fusions : « mobilités forcées » et « dégradation » du service public.

Pas un coût, une richesse

« Les agents du service public ne sont pas un coût, ils sont une richesse ! » a tweeté le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

Des rassemblements étaient également prévus dans une quarantaine de villes en France. À Nice, où la moitié des crèches sont restées fermées, de même qu’une trentaine de cantines scolaires, entre 400 et 500 personnes ont manifesté.

À Rennes, ils étaient quelques centaines également, 1 200 à Toulouse, selon la police, 4 000 selon les organisateurs.

Face à la colère du secteur et après le suicide d’au moins cinq infirmiers l’été dernier, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait dévoilé en décembre un plan pour l’amélioration de la qualité de vie au travail des hospitaliers. Il avait un goût amer mardi, jour où un nouveau suicide est intervenu à l’hôpital Cochin.

Cette journée d’action coïncide avec une grève à Air France lancée par plusieurs syndicats au sol afin de peser sur les négociations salariales, suivie par 6 % des salariés (tous personnels confondus), selon la direction. La négociation sur les salaires a débuté dans un climat tendu, plusieurs centaines de manifestants réclamant « leur part du gâteau ».

Le programme de vols était, comme pour les autres compagnies, uniquement affecté par la grève lancée pour toute la semaine par le troisième syndicat de contrôleurs aériens, l’Unsa. Motif : la réorganisation de leur temps de travail.

Selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), 27,5 % des vols traversant le sud et l’ouest du pays ont été préventivement annulés mardi (7 % de la totalité des vols) et des retards de 30 à 60 minutes ont été observés en matinée à Bordeaux, Toulouse, Nantes, Marseille et Lyon.

Les salariés de l’énergie étaient eux aussi mobilisés pour « la revalorisation des salaires » et contre « la casse des industries électriques et gazières », qui regroupent 150 000 salariés. 21,39 % de grévistes ont été recensés par EDF et 16,96 % par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE.

 

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