Les écoles restent ouvertes, les universités basculent en ligne

Éducation

Crèches, écoles, collèges et lycées vont rester ouverts pendant la nouvelle période de confinement décrétée pour tenter d’endiguer la deuxième vague de Covid-19, mais l’enseignement supérieur n’assurera plus que des cours en ligne, a annoncé mercredi 28 octobre 2020 Emmanuel Macron, suscitant encore des doutes et questions.

« Nos enfants ne sauraient être durablement privés d’instruction, d’éducation, de contact avec le système scolaire », a-t-il dit lors d’une allocution télévisée. Selon lui, la fermeture des établissements scolaires pendant près de deux mois lors du premier confinement a eu « trop de conséquences, de dégâts, en particulier pour les plus modestes ».

Crèches, écoles, collèges et lycées resteront donc cette fois-ci ouverts, mais avec des « protocoles renforcés ».

Pour les syndicats d’enseignants, il va vite falloir préciser les choses. « Il nous faut des informations sur le renforcement du protocole sanitaire, car c’est le nœud du problème », a déclaré à l’AFP Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire.

« Allons-nous enfin nous donner les moyens d’accueillir les élèves par petits groupes, de renforcer le nettoyage et l’aération des locaux, de réduire le nombre d’élèves au moment de la restauration ? », souligne-t-elle. « Ces questions, on se les pose déjà depuis de nombreux mois… »

Pour permettre à l’ensemble des élèves de reprendre les cours, le protocole sanitaire qui régit les écoles avait été allégé fin juillet.

Depuis, la recrudescence de l’épidémie a imposé des ajustements de taille, notamment le port du masque pour tous les enseignants et tous les élèves à partir du collège.

Ces derniers jours, le port du masque par les enfants dès 6 ans était réclamé par certains professionnels de santé. Le chef de l’État n’en a pas fait mention dans son allocution, mais le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer devrait apporter des précisions sur le nouveau protocole dès jeudi 29 octobre.

« Nous sommes favorables à ce que les écoles restent ouvertes, mais il va vraiment falloir le renforcer », a insisté Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

« Période critique »

Selon elle, il faut réorganiser les classes en petits groupes, avec des élèves qui viennent à l’école la moitié de la semaine et restent chez eux ou sont accueillis dans des locaux des municipalités le reste du temps.

« Il faut aussi fermer une classe dès qu’un élève est positif », assure-t-elle.

Mi-septembre, le ministère avait allégé les règles sur les cas contact, afin de faire baisser les fermetures de classes pour cause de Covid-19.

Si les syndicats d’enseignants jugent nécessaire que les enfants puissent continuer à aller en classe, le maintien de l’ouverture des écoles est une « erreur » pour certains professionnels de santé comme le Dr Jérôme Marty, président de l’UFML (médecins libéraux).

« C’est complètement idiot. Le virus continue à circuler, dans les écoles ça fait un très joli nid à Covid et après ils (les enfants) le ramènent à la maison », estime aussi l’épidémiologiste Catherine Hill.

Dans le secondaire, les élèves pourront également continuer d’aller en cours, ce qui suscitait également mercredi un certain nombre de questions.

« Dans les lycées, avec des classes le plus souvent surchargées, le durcissement du protocole sanitaire ne pourra guère aller plus loin qu’un renforcement du nettoyage », a souligné Stéphane Crochet, du syndicat SE-Unsa.

À l’inverse, les universités et établissements d’enseignement supérieur assureront désormais exclusivement « des cours en ligne ».

Début octobre, dans les zones où le virus circulait le plus, ils avaient déjà dû réduire de moitié la jauge d’étudiants présents, après avoir été identifiés comme l’un des principaux foyers de l’épidémie.

Reste à savoir si les établissements devront totalement fermer leurs portes comme au printemps dernier ou s’ils pourront accueillir quelques étudiants « fragiles pour des entretiens individuels » ou « en grande fracture numérique », comme l’espère François Germinet, président de l’université de Cergy.

« C’est au mois de novembre que se font les réorientations, c’est une période critique pour les étudiants », fait-il valoir.

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