« Le problème est qu’il y a des milliers de contractuels qui, eux, ne peuvent pas faire leur rentrée, qui sont jetés comme des Kleenex par les rectorats, alors que pour certains d’entre eux, ils ont rendu de longues années de bons et loyaux services », a affirmé à l’AFP Mme Binet, critiquant une absence de réponse « avec une opacité et un arbitraire complets ».
« Grande loi de titularisation »
Le nombre de postes d’enseignants non pourvus, en grande partie comblés depuis plusieurs années par des contractuels, s’est réduit après une réforme du système du concours enseignant, mise en place cette année pour répondre à la crise du recrutement.
Cette année, le taux de postes pourvus atteint 98,5 % dans le premier degré (maternelle et élémentaire), contre 92,1 % l’an dernier, et 96,1 % dans le second degré (collège et lycée), contre 90,6 %.
La responsable de la CGT reproche à l’Éducation nationale une « gestion hyper court-termiste », alors que le besoin d’enseignants non remplacés risque de se représenter dès l’automne.
Selon le ministère de l’Éducation nationale, il est « trop tôt pour faire un bilan exhaustif de la rentrée scolaire ». « Chaque rectorat maîtrise ses recrutements et les ajuste au regard des besoins, avec une logique disciplinaire dans le second degré (…) et, dans la mesure du possible, en fonction des situations individuelles des personnels contractuels », a affirmé auprès de l’AFP le ministère.
La situation des contractuels non renouvelés fait « l’objet d’une attention particulière », assure le ministère.
« En novembre, il n’y aura pas d’enseignants en face des élèves et on va recruter n’importe qui, parce qu’on aura perdu ce vivier de contractuels actuels, qui sont des gens qu’on connaît, qui ont une qualification et une expérience », a considéré Mme Binet.
Elle demande que les contractuels reçoivent une affectation, qu’« un vivier de remplaçants soit constitué » et, « à moyen terme, une nouvelle grande loi de titularisation ».
Un site pour soutenir les contractuels
Alors que « le nombre de précaires et de contractuels a explosé » dans la fonction publique, le syndicat a lancé une plateforme soscontractuel-cgt.fr permettant à « tous les contractuels qui sont en difficulté » de le solliciter et d’être accompagnés vis-à-vis des rectorats.
La CGT a déposé fin août 2026 au rectorat le dossier de 416 contractuels non renouvelés dans l’académie de Créteil, a indiqué Sophie Binet.
Le sort des contractuels, « c’est vraiment un point d’alerte sur cette rentrée », a également pointé Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat dans le second degré. « C’est vrai qu’il y a des professeurs stagiaires qui sont là, mais il n’est pas acceptable que l’Éducation nationale maltraite ainsi des collègues qui ont assuré un certain nombre de missions ces dernières années », a dénoncé la syndicaliste, y voyant « un plan social déguisé ».
Ces dernières années, les enseignants contractuels représentaient environ 2 % des professeurs des écoles publiques, et 10 % à 11 % des enseignants des collèges et lycées publics, selon les chiffres du ministère.
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