Avec Jacqueline Gourault, Emmanuel Macron veut renouer le dialogue avec les collectivités

Élus

L’arrivée de Jacqueline Gourault à la tête d’un grand ministère des Territoires dans le nouveau gouvernement marque la volonté d’Emmanuel Macron de renouer avec les élus locaux après un an de crises et de ruptures.

Spécialiste des collectivités, reconnue pour ses capacités d’écoute et de dialogue, la ministre devra pacifier des relations devenues détestables avec des élus dont l’exécutif a besoin pour mettre en œuvre les politiques publiques.

« Nous avons peut-être à recoudre le tissu des collectivités territoriales », mais il faudra pour cela que les élus « entendent l’ouverture, le dialogue, que nous voulons poursuivre ou reprendre avec certains d’entre eux », a-t-elle déclaré lors de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur Jacques Mézard, en milieu de journée.

Depuis des mois, les grandes associations d’élus réclamaient un interlocuteur clairement identifié au sein du gouvernement pour se faire entendre.

À la tête d’un ministère rebaptisé « de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales », Jacqueline Gourault sera épaulée par Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales, et Julien Denormandie, pour la Ville et le Logement.

Une nouvelle donne, au terme d’un an de clashes et de crispation entre l’exécutif et les territoires. Dernier en date : la diffusion par le gouvernement d’une liste de maires qui ont augmenté le taux de leur taxe d’habitation (TH) a été perçue ce week-end comme une « insulte » par les élus qui ont dénoncé « une méthode scandaleuse ».

Plusieurs élus LREM se sont d’ailleurs désolidarisés lundi 15 octobre d’une campagne #BalanceTonMaire, attribuée à « des militants très marginaux », sur les réseaux sociaux.

Mais le contentieux entre l’État et les collectivités est lourd depuis le début du quinquennat : coupes dans les emplois aidés, coût exponentiel des aides sociales pour les départements, suppression de la taxe d’habitation sans que la compensation pour les communes soit clairement définie, limitation des dépenses des principales collectivités, jusqu’à la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires.

Les élus reçus à l’Élysée

Les dossiers qui fâchent se sont succédés depuis un an, classant les associations d’élus – Association des Maires de France (AMF), Assemblée des départements (ADF) et Régions de France – parmi les premiers opposants à Emmanuel Macron.

Fin septembre, plus d’un millier de maires, présidents de régions et de départements réunis à Marseille avaient lancé un appel solennel pour « un État respectueux des collectivités ».

L’AMF, l’ADF et les régions, qui ont boycotté en juillet la Conférence nationale des territoires (CNT), martelaient pourtant leur volonté de retrouver des relations apaisées avec l’exécutif.

Message entendu ? Outre la promotion de Jacqueline Gourault, Emmanuel Macron a une série de rendez-vous cette semaine avec les responsables des collectivités.

Il devait s’entretenir mardi avec le président de la région Grand Est Jean Rottner (LR), puis le président de Régions de France Hervé Morin (centriste), le président du Sénat Gérard Larcher et celui de l’ADF Dominique Bussereau (ex-LR), avant le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR), vendredi. Le même jour, les présidents de régions sont attendus à Matignon.

Parmi les enjeux : convaincre les élus de revenir à la table de la CNT, dont l’instance de dialogue doit se réunir prochainement, pour une nouvelle conférence semestrielle en fin d’année.

Si toutes dénoncent une « idéologie recentralisatrice » et l’absence de concertation avec l’exécutif, chaque type de collectivités défend des revendications spécifiques, auxquelles Jacqueline Gourault sera désormais confrontée.

Pour les départements, le désaccord porte en premier lieu sur le financement du Revenu de solidarité active (RSA) et autres prestations sociales, les communes s’inquiètent de la suppression de la taxe d’habitation et les régions sortent d’un long bras de fer avec l’exécutif pour tenter – sans succès – de conserver la compétence de l’apprentissage.

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