Municipales : comment les futurs maires peuvent-ils doper l’économie sociale et solidaire ?

Élus

L’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES) conseille aux futurs maires la création d’un adjoint au maire en charge de l’économie sociale et solidaire.

L’économie sociale et solidaire (ESS) pèse aujourd’hui 10,5 % de l’emploi français, emploie 2,3 millions de salariés au sein de 221 000 établissements employeurs ! Entre 2010 et 2018, ce secteur a connu une croissance soutenue de 3,5 %, avec plus de 70 000 emplois créés. « D’évidence le secteur reste le principal pourvoyeur de solutions locales pour le développement économique, l’emploi et la cohésion sociale et territoriale, soutient l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES). Si l’ESS reste peu entendue par le gouvernement, elle est pourtant plébiscitée par les élus territoriaux, qui en connaissent la vraie valeur et mesurent au quotidien ses atouts ».

Implantée sur tous les territoires, l’UDES a donc formulé, fin février, 40 propositions « afin que les futurs maires puissent développer une économie à impact social et pourvoyeuse d’emplois ». L’Union des employeurs de l’ESS plaide en faveur d’une intégration de cette économie de la proximité et de la citoyenneté dans tous les volets de la politique communale. Sur le plan politique, elle préconise la création d’un adjoint au maire en charge de l’ESS, ainsi que la création d’un service (inter)communal exclusivement dédié aux entreprises de l’ESS, afin de les accompagner dans leurs projets d’entreprenariats et dans leurs démarches administratives juridiques et fiscales. « Sur le plan économique, les entreprises sociales et solidaires sont déjà très actives et répondent aux attentes des habitants, notamment des plus fragiles, insiste l’UDES. Les besoins sont croissants, le souhait des consommateurs de recourir à des acteurs locaux mus par des valeurs fortes croît également ».

L’UDES appelle à « changer d’échelle et à s’appuyer fortement sur les acteurs de l’ESS pour accompagner les mutations ». Pour cela, elle propose notamment :

  • Un véritable éco-système local social et solidaire favorable à une économie active dans l’alimentation (cantine scolaire, circuits courts, frigidaires solidaires…), la mobilité (développement d’auto écoles coopératives et associatives…), l’écologie (ressourcerie, recycleries…), le social (services à la personne…).
  • Des emplois d’utilité citoyenne : d’une durée maximale de 3 ans, co-financés par la collectivité et les entreprises, ces emplois répondraient directement aux besoins des habitants au plus proche du territoire.
  • L’augmentation des dépenses de fonctionnement des communes en matière d’aide et d’action sociale au-delà du plafond de 1,2 % en vigueur depuis 2018.
  • « Le développement des activités économiques des petites structures de l’ESS doit être soutenu. Elles sont implantées localement, créent de l’emploi non délocalisable et répondent à un grand nombre de besoins sur le territoire. Ce soutien passera par des moyens alloués par les communes à ces entreprises, notamment en mobilisant le foncier municipal, mais également en privilégiant les acteurs de l’ESS dans les appels à projets ou la commande publique à l’initiative de la ville, explique le président de l’UDES, Hugues Vidor.

Les 40 propositions de l’Union des employeurs de l’ESS s’articulent autour des 10 thématiques suivantes : emploi et formation ; entreprenariat ; alimentation ; transition numérique et écologique ; mobilité ; éducation ; questions sociales ; santé et aide à domicile ; gouvernance et organisations municipales ; intercommunalité. Voici ses principales propositions :

  • Créer des événements dédiés à l’emploi dans l’ESS (forum, semaine de l’ESS adossée à celle des associations…).
  • Favoriser l’insertion professionnelle et sociale des travailleurs handicapés, en lien avec les partenaires associatifs locaux.
  • En milieu rural, accompagner les agriculteurs et les agricultrices en reconversion vers les secteurs de l’ESS.
  • Participer au dispositif « territoires zéro chômeurs de longue durée ».
  • Créer 10 000 emplois locaux d’utilité citoyenne favorisant la cohésion sociale du territoire et l’adaptation des services de proximité aux nouveaux besoins des habitants.
  • Créer une caution solidaire intercommunale pour le développement des entreprises de l’ESS en mobilisant partenaires institutionnels et financiers.
  • Proposer un « guichet unique communal ou intercommunal ESS » dédié aux TPE de l’ESS pour toutes les démarches administratives, juridiques ou fiscales, ainsi que pour toute personne ayant un projet social entrepreneurial.
  • Organiser la restauration scolaire municipale en lien avec les producteurs locaux de l’ESS et accompagner les villes dans la mise en place de partenariats étroits avec des structures d’insertion dans le domaine agricole.
  • Utiliser les friches industrielles au profit d’activités de l’économie sociale et solidaire et de tiers-lieux.
  • Encourager la création d’entreprises sociales et solidaires pour favoriser le déplacement des personnes âgées et développer le co-voiturage pour les actifs entre le domicile et le travail.
  • Soutenir le développement des accueils périscolaires associatifs et faciliter l’accès des familles aux accueils sur le temps extrascolaire avec ou sans hébergement.
  • Soutenir le développement de crèches associatives, mutualistes et coopératives proposant des horaires et modes de garde adaptés à des situations sociales spécifiques ou d’horaires de travail atypiques.
  • Encourager l’organisation du portage de repas à domicile par des associations implantées localement.
  • Créer une maison de l’ESS.

Source : Municipales 2020. L’économie sociale et solidaire au cœur de la politique de la ville, UDES, février 2020

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