Éducateur spécialisé : le nombre de diplômés a chuté de 10% en 5 ans

Fonction publique

En 2017, à peine 14 000 étudiants étaient inscrits dans l’un des 85 établissements dispensant une formation d’éducateur spécialisé, un métier qui attire moins.

En 2017, 13 940 étudiants étaient inscrits en formation d’éducateur spécialisé, dont 4 300 en première année, selon une enquête de la Drees auprès des centres de formation au travail social, publiée mi-février par le ministère des Solidarités et de la Santé (Études & Résultats n° 1104). Ces derniers constituaient alors 15 % des effectifs en première année d’une formation menant à un diplôme de travail social et 40 % de ceux préparant un diplôme de niveau III (c’est-à-dire de niveau bac+2). La formation d’éducateur spécialisé, qui se déroule en 3 ans, est la deuxième la plus suivie des formations du travail social.

Moins de diplômés depuis 2012

En 2017, 4 100 étudiants ont obtenu leur diplôme d’État d’éducateur spécialisé (DEES). En hausse entre 2000 et 2012, cet effectif a baissé de 10 % depuis. Cela « s’explique en partie par un recul du nombre d’inscrits en première année depuis plusieurs années », commente la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Exemple : en 2016, le nombre de diplômés éducateurs spécialisés a baissé de 10 % par rapport à 2012 ; à leur entrée en formation, trois ans plus tôt, les effectifs d’inscrits en première année étaient en recul de 5 % par rapport à 2009. Le taux de réussite au diplôme a, quant à lui, peu varié au cours de la période. Il s’élevait à 84 % en 2017. En revanche, le nombre d’interruptions de  scolarité et celui des redoublements ont augmenté (respectivement + 43 % et + 17 %), limitant ainsi également la progression du nombre de diplômés.

Le diplôme d’État d’éducateur spécialisé est également accessible après une validation des acquis de l’expérience (VAE) : 1 400 personnes ont obtenu leur diplôme par cette voie en 2017, soit un quart des diplômés. « Cette pratique est ainsi plus répandue pour cette qualification que pour l’ensemble des diplômes sociaux, dont 15 % sont obtenus par VAE. En dix ans, le recours à la VAE est resté stable chez les diplômés éducateurs spécialisés, alors qu’il a reculé pour l’ensemble des diplômes du social (- 10 points) », Leslie Yankan, l’auteure de l’étude.

Des promotions plus jeunes et moins féminines que dans les autres formations sociales

Les nouveaux arrivants en première année de formation d’éducateur spécialisé sont âgés, en moyenne, de 23 ans, contre 31 ans dans l’ensemble des formations sociales. Comparée aux autres formations du secteur, celle d’éducateur spécialisé est plus souvent suivie dans le cadre d’une poursuite d’études, depuis le secondaire ou le supérieur ou depuis une autre formation sociale (53 % contre 30%), et, à l’inverse, plus rarement dans le cadre d’une reconversion professionnelle. En outre, à leur entrée en formation, seuls 12 % des étudiants sont déjà détenteurs d’un diplôme professionnel du secteur sanitaire et social, quand c’est le cas de près d’un quart (23 %) des étudiants en formations sociales.

Par ailleurs, les promotions d’étudiants éducateurs spécialisés font partie des promotions de formations sociales les moins féminisées. Même si elles restent très largement féminines dans l’absolu : 77 % des nouveaux inscrits en première année sont des femmes, contre 84 %, en moyenne, dans l’ensemble des formations sociales.

Un quart des étudiants a un diplôme de niveau supérieur au bac

Pour accéder à la formation d’éducateur spécialisé, le niveau de diplôme requis est le baccalauréat ou un équivalent. C’est le plus haut niveau de diplôme d’un peu plus des deux tiers (68 %) des nouveaux inscrits en première année. En revanche, plus d’un étudiant sur quatre possède un diplôme de niveau supérieur. Parmi eux, 10 % sont titulaires d’un diplôme universitaire de technologie (DUT) ou d’un brevet de technicien supérieur (BTS) et 11 % d’une licence ou d’un diplôme de niveau supérieur. Plus de la moitié (56 %) des étudiants sont titulaires d’un baccalauréat général, 30 % d’un baccalauréat technologique et 13 % d’un baccalauréat professionnel.

Parmi les nouveaux inscrits en première année, un peu plus des deux tiers (68 %) sont uniquement étudiants, 7 % sont en apprentissage, 5 % salariés du public ou du privé et 20 % demandeurs d’emploi.

Plus des deux tiers des étudiants bénéficient d’une aide financière

En 2017, 70 % des nouveaux inscrits de première année ont perçu au moins un financement ou effectué une demande de prise en charge. Cette proportion est plus faible que pour l’ensemble des formations sociales (80 %). Pour un tiers (32 %) de ces futurs éducateurs spécialisés, il s’agit d’une bourse ou d’une autre aide d’un conseil régional ou d’un conseil départemental, pour un quart (24 %) d’une aide en tant que demandeur d’emploi et pour 11 % d’une aide en tant que salarié ou apprenti. Enfin, 5 % des étudiants ont reçu au moins deux aides financières différentes en 2017.

La moitié des étudiants inscrits hors de leur département de résidence

Relativement stable auparavant, le nombre d’établissements formant au métier d’éducateur spécialisé a augmenté des deux tiers (67 %) depuis 1998 et de 23 % en 10 ans, passant de 69 en 2007 à 85 en 2017, observe l’étude de la Drees. Leur répartition sur le territoire s’avère toutefois inégale. Près de la moitié de l’offre de formations se concentre en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes, alors que ces régions rassemblent moins de 40 % de la population française. Conséquence, près de la moitié (47 %) des élèves sont contraints de suivre la formation d’éducateur spécialisé dans un département différent de celui où ils résidaient l’année précédant leur entrée en formation. Cette mobilité géographique ne concerne « que » 39 % de l’ensemble des inscrits en formation sociale.

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