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Moral et perception du métier : nouvelle vague du baromètre des fonctionnaires

Publié le 5 août 2022 à 9h40 - par

Une étude de BVA pour la CASDEN Banque Populaire sonde le moral des fonctionnaires, leur épanouissement et la perception qu’ils ont de leur métier.

Moral et perception du métier : nouvelle vague du baromètre des fonctionnaires

Le moral des fonctionnaires est en demi-teinte, selon la nouvelle vague du baromètre des fonctionnaires réalisé par la CASDEN Banque Populaire et BVA, publié début juillet 2022. Ainsi, les 1 500 fonctionnaires interrogés par internet du 28 avril au 6 mai 2022 donnent, en moyenne, une note de 6,3/10 pour le qualifier. Et si la moitié d’entre eux va bien, près d’un fonctionnaire sur cinq déclare avoir un moral bas.

Ce moral en berne semble lié à divers points problématiques, rapportent les auteurs de l’étude. À savoir :

  • Le salaire, jugé insuffisant par 71 % des fonctionnaires (dont 16 % se considèrent même très mal payés).
  • Des difficultés rencontrées au quotidien de façon récurrente : manque de moyens pour effectuer son travail (59 %, + 8 points depuis l’an dernier), matériel inadapté (66 %, + 6 pts), difficultés financières pour boucler ses fins de mois (61 %), difficulté dans l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle (52 %, + 6 pts) et même, pour la moitié d’entre eux, difficultés relationnelles avec la hiérarchie, les collaborateurs ou collègues (49 %, + 10 pts).
  • Le sentiment d’être, en tant que fonctionnaire, peu reconnu par la société : un quart d’entre eux seulement se sentent reconnus (27 %, – 7 pts) ou valorisés (25 %, – 3 pts). Cette absence de reconnaissance à leur égard semble, par ailleurs, faire écho à une faible valorisation et compréhension des missions de service public par les citoyens/usagers, que les fonctionnaires jugent toutes deux insuffisantes (respectivement 84 % et 73 %), ajoute l’étude.
  • Les fonctionnaires sont, également, très critiques sur la capacité de la fonction publique à faire face aux enjeux d’avenir. De fait, 80 % d’entre eux considèrent qu’elle n’est pas suffisamment préparée dans ce domaine.

En conséquence, plus des deux tiers (69 %, + 20 pts) des fonctionnaires sont particulièrement pessimistes quant à leur avenir dans la fonction publique et une part non négligeable (40 %) ne recommanderait pas à leur enfant d’être fonctionnaire. Ils le justifient par la rémunération (68 %), mais également le manque de reconnaissance de la société (42 %), l’avenir compromis de la fonction publique à leurs yeux (36 %) et les conditions de travail (23 %). Les auteurs de l’étude soulignent que les enseignants sont « particulièrement moroses et critiques sur nombre de ces indicateurs (rémunération, manque de reconnaissance et de valorisation, pessimisme quant à leur avenir…). »

Concernant la dématérialisation de la fonction publique, les fonctionnaires interrogés se disent circonspects. La moitié à peine (48 %) considère être suffisamment formé aux nouveaux processus et en reconnaît l’impact positif sur leur travail quotidien. Par ailleurs, ils ne sont qu’une minorité (30 %) à penser que les usagers des services publics sont suffisamment accompagnés pour pouvoir gérer les nouvelles pratiques.

Pour autant, malgré certaines difficultés liées à leur métier, les fonctionnaires reconnaissent volontiers les diverses spécificités de leur statut comme des avantages : garantie de l’emploi (93 %), contribution à la collectivité (88 %), solvabilité de l’employeur (87 %), rigueur et modes de fonctionnement précis (72 %) ou encore possibilités de mobilité interne (71 %). Surtout, ils tirent de leur travail un réel sentiment d’utilité (88 %, + 5 pts) et de fierté (88 %, + 9 pts), en hausse depuis les précédentes vagues, « signe de leur attachement à l’égard de leur fonction », observent les auteurs de l’étude. « L’écart qui se creuse entre leur fierté personnelle, qui se renforce, et l’impression de plus en plus nette que la société ne les reconnaît pas à leur juste valeur explique aussi sans doute en grande partie leur désarroi, notamment chez les enseignants », concluent-ils.