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Attractivité des métiers : aux élus de donner une image positive de leur statut d’employeurs

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Très attendu, le rapport sur l’attractivité de la fonction publique territoriale a été remis le 2 février 2022 à la ministre de la Transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin. Près de trente propositions qui pourraient aider les élus à recruter.

Attractivité des métiers : aux élus de donner une image positive de leur statut d'employeurs

Réussir à attirer et à fidéliser leurs personnels est essentiel pour que les employeurs locaux assurent la continuité et la qualité de leurs missions. Or, l’emploi public territorial est en crise. En cause : mauvaise image de certains métiers (secrétaires de mairie, filières médico-sociale, technique et administrative), faiblesse des rémunérations comparées au secteur privé, image « vieillotte » du management ou encore complexité des processus de candidature. La baisse de l’attractivité diffère selon la nature des collectivités, expliquent Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), Corinne Desforges, inspectrice générale de l’administration et Mathilde Icard, présidente de l’Association des DRH des grandes collectivités dans le rapport sur l’attractivité de la fonction publique territoriale (FPT), qu’ils ont remis à la ministre de la Transformation et de la fonction publiques, le 2 février 2022. Leur lettre de mission date du 21 octobre 2021.

Les rapporteurs expliquent notamment que si les recrutements sont plus difficiles pour les petites communes, en particulier dans les territoires ruraux, ils le sont également pour les grandes agglomérations, où le coût de la vie est trop élevé pour les agents de catégorie C et où les temps de déplacement sont plus longs. L’implantation géographique est aussi un critère, l’Ouest étant plus attractif que l’Est et le Sud-Est.

Pourtant, la FPT est globalement méconnue. Une étude de l’Observatoire régional de l’emploi et des données sociales des Hauts-de-France, réalisée fin 2021 auprès de 144 employeurs et de 1 154 candidats et lauréats de concours, montre que la nature même des métiers territoriaux peut contribuer à attirer des talents au sein des collectivités. En effet, près de 70 % des candidats ont répondu qu’ils privilégiaient le métier, ainsi que la sécurité de l’emploi et les perspectives d’évolution en interne pour la moitié d’entre eux.

Après plus de cent cinquante auditions, deux enquêtes, divers travaux d’expertise et des échanges au sein des bassins d’emploi, la mission émet vingt-sept recommandations susceptibles de renforcer l’attractivité du secteur public local. Elle considère notamment qu’en la matière, les élus ont un rôle prépondérant pour se faire les ambassadeurs des métiers de la FPT, en donnant une image positive de leur statut d’employeurs. Les associations d’élus devraient mener une réflexion sur le rôle et sur l’éventuelle évolution de la coordination des employeurs territoriaux, vers une structure de représentation unifiée de l’ensemble des employeurs territoriaux. Par ailleurs, les rapporteurs considèrent que le gouvernement devrait impliquer les employeurs locaux dans les négociations salariales et créer un fonds pour l’attractivité de la fonction publique territoriale, afin d’aider les collectivités des zones les moins attractives à recruter. Des dispositifs indemnitaires pourraient encourager le recrutement et la stabilité de l’agent au sein de la collectivité, à qui une offre de logement pourrait être proposée dans certains cas. Il conviendrait également de valoriser, auprès des citoyens, le fait que les métiers de la territoriale sont essentiels à la vie quotidienne.

Autre axe préconisé par la mission, le développement de la coopération et des initiatives, y compris inter-fonctions publiques, en faveur de l’attractivité à l’échelon local. Objectif : proposer aux agents des parcours de carrière à l’échelon des départements, voire des zones d’emploi.

Enfin, des mesures parfois plus techniques permettraient de supprimer certains freins au recrutement : lutte contre les discriminations, évolution des épreuves de concours, amélioration des conditions de travail et de la qualité de vie au travail, ou encore élargissement des possibilités de recrutement de contractuels sur emplois permanents.

Le contenu du rapport sera étudié lors d’un prochain CSFPT informel, en présence des associations d’élus et des organisations syndicales. Ces échanges alimenteront les réflexions en cours dans le cadre de la conférence sur les perspectives salariales, engagée par Amélie de Montchalin en septembre 2021, et dont les travaux devraient aboutir en mars.

Marie Gasnier