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Renforcer l’attractivité de la fonction publique territoriale

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L’association La Cordée, qui s’attache à la diversité sociale dans le secteur public, a émis dix-huit propositions propices à mieux attirer les compétences dans la fonction publique territoriale (FPT). Elle a adressé ses réflexions à Philippe Laurent et Mathilde Icard, qui présenteront prochainement un rapport sur l’attractivité du secteur public local.

Renforcer l'attractivité de la fonction publique territoriale

Association qui promeut la diversité sociale dans le secteur public, La Cordée a émis dix-huit propositions pour améliorer l’attractivité de la fonction publique territoriale (FPT). En effet, des études notent régulièrement que la FPT peine à recruter, malgré la diversité de métiers que l’on peut y exercer. L’association a transmis ses préconisations à Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) et Mathilde Icard, présidente de l’Association des directeurs des ressources humaines de grandes collectivités (ADRHGCT), chargés à l’automne dernier d’une mission sur ce thème par Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la fonction publiques. Ils devraient remettre leur rapport très prochainement.

La Cordée suggère notamment que les collectivités s’impliquent pour donner envie, notamment aux jeunes, de rejoindre la FPT. Outre la sensibilisation et l’accès privilégié à des stages pour les collégiens et lycéens, une campagne de communication nationale pourrait valoriser les atouts de la FPT (diversité des domaines, mobilité, richesse des carrières). Campagne qui pourrait aussi mettre l’accent sur les métiers qu’ils plébiscitent : digital, développement durable, gestion de données… Les collectivités pourraient aussi nouer des partenariats avec les universités pour présenter leurs métiers et faciliter les passerelles vers le recrutement (apprentissage…). D’autres partenariats pourraient être conclus, avec Pôle emploi et les services publics de l’emploi et de l’orientation.

Selon La Cordée, les agents territoriaux doivent devenir « les premiers ambassadeurs de leurs métiers », par des actions de mentorat ou de sensibilisation grâce à un crédit d’heures spécifique, et par des témoignages conjoints d’élus locaux et de cadres sur la co-construction des politiques publiques.

Il conviendrait de mettre en avant la mobilité professionnelle, levier majeur d’attractivité : promotion interne des non-cadres comme levier d’ascension sociale au sein de la FPT, bonification des droits à formation pour les non-diplômés et les diplômés en dessous de la licence, plans d’actions pour favoriser la mobilité et prendre en charge à 100 % la formation des non-cadres, lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme, pépinières de talents internes aux administrations…

Intégrer la valorisation de l’expérience professionnelle dans le concours interne d’attaché et créer des parcours internes de découverte des trois fonctions publiques contribuerait de créer un socle commun d’intégration pour les attachés (d’État, territoriaux, hospitaliers) au sein d’un même territoire, en s’inspirant du tronc commun de la haute fonction publique.

L’association plaide également pour une amélioration du recrutement. Qu’il s’agisse d’impliquer davantage la FPT dans les prépas « Talents du service public » existantes ou d’en créer de spécifiques pilotées par le CNFPT ou les centres de gestion, de revoir les épreuves de concours pour qu’elles ne soient pas discriminantes et qu’elles correspondent aux compétences recherchées, de refonder l’organisation du concours d’attaché territorial ou encore de former à la lutte contre les discriminations les managers-recruteurs et les jurys.

D’autres mesures visent à améliorer l’information sur les concours et les emplois, à simplifier et coordonner la gestion prévisionnelle des cadres d’emploi territoriaux, mais aussi à tenir compte des spécificités d’exercice des métiers. Ainsi, La Cordée appelle à une réflexion sur les salaires tenant compte notamment de la pénibilité, et à valoriser les métiers dits « de première ligne » où le télétravail est impossible. Les employeurs territoriaux pourraient également être incités à négocier par bassin de vie pour limiter la concurrence.

Marie Gasnier