Scolarité plus courte, concours remanié : le directeur de l’ENA détaille ses réformes

Fonction publique

Patrick Gérard, directeur de l’École nationale d’administration, dont la situation financière est délicate, détaille vendredi 19 octobre les réformes qu’il entend mener, dont une période de scolarité plus courte, un concours d’entrée remanié, ainsi qu’une formation continue recentrée et plus chère.

Dans deux entretiens, au Figaro et aux Échos, M. Gérard répond vendredi aux affirmations du Parisien, dimanche, selon lequel « si rien ne change, l’école, qui dispose encore d’une petite réserve pour éponger, fera banqueroute d’ici quatre ans ». Le quotidien s’appuyait sur des documents comptables de l’ENA obtenus via le think tank libéral iFRAP.

« Oui, le déficit de l’ENA existe mais il n’y aura pas de banqueroute d’ici quatre ans », assure le directeur de l’institution dans Les Échos.

Comme première mesure d’économie, il entend « modifier la durée de la scolarité », la faisant passer de « vingt-quatre mois à vingt-et-un mois et demi, dont onze mois de stages », dit-il au Figaro, à qui il confirme en outre qu’« il n’y aura plus que 80 places pour chaque promotion » alors que ce chiffre était passé à 90.

La prise en charge financière des fonctionnaires en exercice préparant le concours interne sera en outre assurée désormais, non plus par l’ENA mais par les ministères dont dépendent ces agents publics.

Le concours interne et le troisième concours, ouvert au delà des fonctionnaires, seront également « simplifiés » pour « valoriser les compétences déjà acquises ». Par ailleurs, « les épreuves seront moins nombreuses dans tous les concours », a précisé M. Gérard.

Enfin, constatant « l’inadéquation entre l’excellence de la formation dispensée et son prix dérisoire », le directeur de l’ENA souhaite se « concentrer sur les formations de hauts cadres dirigeants » et « les facturer au vrai prix ».

Reconnaissant un « déficit structurel de 1,8 million d’euros depuis sept ans », il critique « les gouvernements précédents qui ont imposé à  l’école de nouvelles charges tout en baissant son budget ».

Après la mise en cause du Parisien, le ministère de l’Action et des Comptes publics avait rappelé que « lors de l’arrivée du nouveau gouvernement, le constat d’une fragilité financière de l’école avait été posé ».

« Dès l’été 2017 », le ministre Gérald Darmanin avait demandé à M. Gérard de « lui faire des propositions en vue d’un  redressement durable de es comptes » et « les mesures retenues ont été définitivement validées par le ministre en septembre dernier pour mise en œuvre dès l’exercice budgétaire 2019 ».

Un plan de retour à l’équilibre a été présenté au conseil d’administration de l’ENA le 10 octobre.

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