Journée du handicap dans la fonction publique : des syndicats sceptiques

Handicap

La première journée du handicap dans la fonction publique, organisée jeudi par le gouvernement, a suscité le scepticisme de certains syndicats : Solidaires y voit une façon de « faire oublier les 364 autres » et la FSU se demande s’il ne s’agit pas que d’un « trompe l’œil ».

À l’heure actuelle, parmi les 5,2 millions d’agents de la fonction publique, quelque 200 000 sont handicapés, soit un taux de 4 %, en deçà du seuil de 6 % fixé par la loi depuis 1987. Le gouvernement, qui veut « faire changer les regards » et inciter les fonctionnaires concernés à déclarer leur handicap, a lancé une campagne baptisée « Handicap et fonction publique, la volonté de réussir ». Pour Solidaires, qui y décèle des motivations électorales, »cette belle phrase masque des objectifs moins avouables ». Le syndicat souligne que « le handicap continue hélas de se conjuguer encore trop souvent avec précarité, carrière plate… et pression au travail ».

Dans un communiqué, l’organisation relève que le gouvernement a un intérêt financier à « recenser au maximum les agents » handicapés dans « le contexte d’asphyxie organisée des finances publiques », mettant en garde contre  » toute chasse abusive ». Depuis 2005, les employeurs publics doivent en effet verser une contribution au Fonds d’insertion pour les personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) en cas de manquement aux objectifs de 6 % (en 2010, 212,4 millions d’euros ont été versés).

La FSU se demande pour sa part si cette journée n’est pas qu’un « trompe l’œil ». Dans un communiqué, le syndicat dit « partager les objectifs affichés » de la campagne, mais souligne que cela « ne peut masquer les résultats plus que mitigés obtenus », notamment depuis 2005, date de la création du FIPHFP. L’organisation souligne que « les personnes handicapées hésitent à faire reconnaître leur situation, par crainte de pénalisation dans leur carrière » et réclame « que l’on passe réellement (…) des discours aux actes ».

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