Comment avez-vous été impliqué dans l’organisation du G7 ?
C’est un travail important, très en amont. Le Canada a passé le flambeau de l’organisation du G7 à la France il y a un an. Et c’est immédiatement que les réunions se sont enchaînées. L’interlocuteur unique a été pour nous le directeur de cabinet du maire. C’est important de centraliser toutes les informations autour d’une seule personne. Les contacts ont été établis avec les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Et nous avons eu plusieurs interlocuteurs à la préfecture, en fonction des dossiers à traiter. Si le G7 se déroule dans un lieu privé, toutes les délégations sont reçues dans des bâtiments municipaux, sans oublier la presse et tous les personnels mobilisés. Ainsi, par exemple, bâtiment par bâtiment, nous avons évalué la capacité électrique de chacun d’entre eux pour supporter un tel afflux de personnes et de branchements divers. À notre échelle, nous avons accompagné la population pour lui expliquer comment les choses se passeraient. Pour accéder à la ville, il est nécessaire de disposer d’un Pass depuis une semaine. Tous les services ont été mobilisés en amont pour que tout se passe pour le mieux.
Comment les services fonctionnent pendant le G7 ?
Depuis jeudi dernier (Ndlr, le 11 juin), les rues sont contrôlées dans la commune. Mais les services fonctionnent normalement, sauf les équipements sportifs situés dans le secteur rouge, celui où a lieu l’évènement. Deux écoles ont été fermées par précaution et les élèves et leurs enseignants réaffectés dans les autres établissements. Les services techniques continuent leur travail, le télétravail a été proposé à certains agents. Tout ce qui relève de la sécurité est bien sûr entre les mains de la police et de la gendarmerie, la police municipale étant cantonnée à un rôle d’information auprès de la population.
Est-ce à dire que la vie des Évianais se déroule presque normalement ?
Oui. Beaucoup de personnes étaient inquiètes et ont préféré quitter la ville. D’autres se sont dits que l’évènement était important et ont préféré rester sur place. Il est vrai que le dispositif de sécurité à lui seul est impressionnant. Des véhicules antimissiles et des lance-missiles sont en place. Des drones et des hélicoptères volent en permanence, jour et nuit. Mais j’ai pu manger une glace au bord du lac Léman ce dimanche, comme je le fais régulièrement.
Pourquoi Évian a-t-elle était choisie ?
C’est une commune qui a l’habitude d’accueillir de grands évènements de ce type. On pense bien sûr aux accords d’Évian pour mettre fin à la guerre d’Algérie mais d’autres conférences internationales avaient eu lieu le siècle dernier. Je pense à la conférence de 1938 organisée à l’initiative du président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt, qui se tient du 6 au 16 juillet sous le gouvernement Daladier pour venir en aide aux réfugiés juifs allemands et autrichiens fuyant le nazisme. Nous avons aussi organisé le G8 de 2003. Sur un plan géostratégique, nous sommes plutôt bien placés, entre lac et montagne, à proximité de la Suisse et de sa neutralité politique. Et puis, il faut rappeler que nous sommes choisis, c’est l’État qui décide, on ne candidate pas. Les retombées positives viendront sans doute après. Toutes les télés du monde diffusent des images du lac Léman et de nos montagnes. Comme il fait beau, les images sont superbes. Les hôtels et les restaurateurs ont joué le jeu. Il a fallu faire dormir et nourrir près de 16 000 personnes. Avec la Suisse et d’autres communes autour, c’était un sacré challenge à relever.
Vous êtes très attaché à la transition écologique. Pas évident d’imprimer sa marque dans un tel contexte…
À partir d’un moment, nous n’avons plus la main. Sur la collecte des déchets, nous avons passé des messages, plus précisément la communauté de communes de Pays d’Évian-Vallée d’Abondance. Des collectes dédiées sur site ont lieu chaque jour. Il est certain que l’impact carbone d’un tel évènement n’est pas fameux. Les grosses voitures sécurisées sont encore thermiques, pas électriques.
Stéphane Menu
