Réforme territoriale : le DGS restera un virtuose pluridisciplinaire

Management

Réunis le 22 janvier dernier à Rennes, les DGS ont débattu de la réforme territoriale en réaffirmant leurs prérogatives et périmètres d’intervention.

« Le directeur général des services : un métier en devenir ». L’intitulé de la rencontre professionnelle de l’Union régionale Bretagne du Syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT), le vendredi 22 janvier dernier à l’hôtel de Rennes Métropole, dans la cité bretonne, avait de quoi interpeller l’observateur attentif dans le cadre, agité, de la réforme territoriale.

Quel avenir pour le DGS ?

Au cours des débats, élus locaux et dirigeants territoriaux se sont interrogés sur l’avenir des compétences du DGS dans une collectivité à la marge de manœuvre et aux budgets réduits. Le DGS aura-t-il un rôle de gestionnaire de son territoire ou bien pourra-t-il se voir confier des responsabilités dans le champ de l’intercommunalité ? Le DGS communal sera-t-il amené à disparaître au profit des DGS intercommunaux ?

Au sein de ces intercommunalités, justement, métropoles de demain, quelles seront les fonctions du DGS ? « La réforme territoriale aura une incidence sur l’environnement juridique et financier des collectivités territoriales et des communes, avec une nouvelle définition de l’intercommunalité, le renforcement de ses prérogatives, et surtout le transfert des compétences du maire et de son bras droit, le DGS », a assuré Sylvie Robert, vice-présidente de la communauté d’agglomération Rennes Métropole.

5 types de DGS

Maître de conférence en formation des adultes et en formation professionnelle à l’université de Rennes 2, Loïc Bremaud a proposé, quant à lui, une approche sociologique et typologique originale du métier de DGS communal, distinguant cinq grandes catégories : les programmés (administrateurs territoriaux), les précoces, les alpinistes (aboutissement d’une carrière dans la communale), les parachutistes (ceux dont c’est le premier poste) et les gradués graduels (parcours progressif de cadres territoriaux).

Une pépinière de dirigeants

Puis il a pointé les qualités qui sont dorénavant nécessaires au DGS. « Il doit être un virtuose du positionnement entre la légitimité juridique et le management. Il doit conduire les changements de projet dans un monde de plus en plus complexe et interdépendant. Il doit faire preuve d’autorité, de fermeté et d’énergie, mais doit surtout se positionner du côté de l’entraînement de ses troupes plutôt que de la contrainte.

Inventif, il doit être capable de délivrer des diagnostics en permanence, grâce à la réalisation de grilles d’analyses pertinentes ». Plaidant pour une professionnalisation de la fonction (une formation véritablement adaptée), dont les termes sont encore à définir, Loïc Bremaud a suggéré la mise en place d’une pépinière de dirigeants.

Rôle stratégique

Maître de conférences à l’université de Haute-Alsace, Laurence Durat a rappelé le rôle stratégique du DGS, qui doit être à la fois le garant des équilibres financiers, de la légalité et de la réalisation des projets territoriaux, mais aussi de la cohérence dans le management des équipes. « Bref, il doit apporter au maire une rose sans épines, alors même que les zones de frictions sont fréquentes entre les services qu’il dirige et les cabinets des élus, notamment en ce qui concerne le périmètre d’intervention. Un véritable numéro d’équilibriste».
 

Éric Delon / Diagora Press

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