Protection de l’enfance : l’UNIOPSS plaide pour une politique ambitieuse

Protection de l'enfance

L’UNIOPSS demande au gouvernement que la stratégie nationale pour la protection de l’enfance voie le jour rapidement.

L’UNIOPSS a rencontré, le 6 février 2019, le tout nouveau secrétaire d’État chargé de la Protection de l’enfance pour aborder un certain nombre de questions stratégiques pour la promotion des droits de l’enfant. L’Union a notamment insisté sur la nécessité d’aborder l’enfance dans sa globalité et rappelé « l’importance que la stratégie nationale pour la protection de l’enfance voie le jour rapidement ». L’UNIOPSS a marqué son attachement à une instance nationale, avec une gouvernance plurielle, comme le Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE), tout en pointant son manque de moyens. S’agissant de la réforme de la justice pénale des mineurs, l’Union a insisté sur la nécessité d’impliquer les associations aux travaux en cours. Avec un point de vigilance particulier sur le respect, dans ce cadre, des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, comme l’atténuation des peines liées à la minorité, l’existence de juridictions spécifiques ou encore la priorité donnée aux mesures éducatives. Ce qu’Adrien Taquet a confirmé.

L’UNIOPSS a également abordé la place et les moyens alloués à la prévention primaire. Dans le champ de l’enfance, les protections maternelles et infantiles (PMI), « espaces de proximité indispensables, doivent être réinvesties et dotées de moyens humains et financiers ». La situation des jeunes majeurs, sortant des dispositifs de protection de l’enfance et de la jeunesse, a aussi été évoquée. L’UNIOPSS se félicite que le gouvernement et les parlementaires aient mis ce sujet à l’ordre du jour et espère que la proposition de poursuite de l’accompagnement des jeunes majeurs deviendra systématique.

En revanche, l’Union a fait part au secrétaire d’État de sa « vive inquiétude » à la suite de la publication, le 30 janvier 2019, du décret instaurant le fichage de personnes « se présentant comme mineures non accompagnées et demandant protection ». Les mineurs non accompagnés (MNA) doivent, en effet, « être considérés avant tout comme des enfants nécessitant une protection et non comme des fraudeurs, appelant contrôle et répression », plaide-t-elle. Pour l’UNIOPSS et les associations qu’elle réunit, la mise à l’abri, l’évaluation, l’accueil et l’accompagnement des MNA relèvent de la protection de l’enfance et non du contrôle de l’immigration.

Enfin, l’Union a attiré l’attention d’Adrien Taquet sur les difficultés rencontrées par les associations de protection de l’enfance dans certains départements (comme en Maine-et-Loire et en Indre-et-Loire). « En effet, le développement de procédures d’appels à projets systématiques, en dehors parfois du caractère légal et souvent pour des raisons plus budgétaires que sociales, peut conduire à écarter un certain nombre d’acteurs historiques, aux compétences et à l’engagement reconnus sur le terrain », explique l’UNIOPSS.

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