Le Conseil d'État rappelle la liberté des collectivités dans la fixation des primes

Rémunération

À l’occasion d’un litige relatif au versement d’une indemnité de participation aux travaux et d’une prime de service et de rendement, le juge administratif suprême a rappelé qu’une collectivité pouvait subordonner le bénéfice d’un régime indemnitaire à des conditions plus restrictives que celles applicables aux fonctionnaires de l’État.

Le conseil municipal de Nevers avait arrêté un régime indemnitaire applicable aux fonctionnaires de la commune réservant le bénéfice de la prime de service et de rendement et de l’indemnité de participation aux travaux aux agents assurant des fonctions de surveillant de travaux. Un agent a alors porté l’affaire devant le juge administratif estimant que de telles conditions portaient atteinte au principe d’égalité entre agents d’un même cadre d’emplois.

Le Conseil d’État a rappelé qu’il revenait à l’assemblée délibérante de chaque collectivité territoriale de fixer elle-même la nature, les conditions d’attribution et le taux moyen des indemnités bénéficiant aux fonctionnaires de la collectivité. Sans toutefois que le régime ainsi institué puisse être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l’État d’un grade et d’un corps équivalents au grade et au cadre d’emplois de ces fonctionnaires territoriaux et sans que la collectivité soit tenue de faire bénéficier ses fonctionnaires de régimes indemnitaires identiques à ceux des fonctionnaires de l’État.

Conditions plus restrictives

Dans ce cadre, ont souligné les sages du Palais-Royal, « il lui est notamment loisible de subordonner le bénéfice d’un régime indemnitaire à des conditions plus restrictives que celles qui sont applicables aux fonctionnaires de l’État ». Le respect du principe d’égalité entre les agents publics « ne s’oppose pas à l’institution de différences dans le régime indemnitaire dont ils bénéficient fondées sur des différences dans les conditions d’exercice de leurs fonctions ou sur les nécessités du bon fonctionnement du service auquel ils appartiennent ».

Franck Vercuse

Texte de référence : Conseil d’État, 7e et 2e sous-sections réunies, 7 juin 2010, n° 312506

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