Désertification médicale : le gouvernement réfléchit aux solutions envisageables

Santé

Consciente de la nécessité de réorganiser l’ensemble de la santé, la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, a exposé les moyens envisagés par le gouvernement devant l’Assemblée nationale, le 16 janvier 2019.

La démographie médicale est un sujet prioritaire sur le territoire, et un axe majeur de l’action que la ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault, entend mener en lien avec le ministre de la Santé qui porte la politique santé. C’est ce qu’elle a expliqué, le 16 janvier 2019, devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, au lendemain de la rencontre du président de la République et des élus à Grand-Bourgtehoulde (Eure) dans le cadre du Grand débat. Rencontre lors de laquelle des maires mais aussi des médecins ont apporté, eux aussi, des idées pour lutter contre la désertification médicale. Le gouvernement engage une lutte contre les déserts médicaux non seulement dans les zones rurales mais aussi dans certaines villes.

Sur les territoires, les projets doivent être développés avec des médecins, a expliqué la ministre, rappelant qu’on ne fait « pas d’implantation médicale sans médecins… » et que « de superbes maisons médicales ont été construites » qui restent vides. Il faudrait, par exemple, obliger les étudiants en médecine à s’installer pendant deux ans dans les zones les plus déshéritées, « en espérant qu’ils s’y plaisent et qu’ils y restent ». Comme la Saône-et-Loire, qui embauche des médecins sur des contrats de trois ans avec ce « ferme espoir ». La récente suppression du numerus clausus devrait porter ses fruits, mais il faudra le temps que cela s’applique car la formation des médecins est longue, a-t-elle précisé. Par ailleurs, il faudrait créer une prime pour favoriser les stages dans les zones sous-denses.

Jacqueline Gourault a évoqué aussi l’idée de renforcer le rapprochement entre le public et le privé, qui peut être très utile dans certains territoires. Décryptage : il s’agit de permettre aux médecins privés d’intervenir dans les hôpitaux de proximité « et vice versa ». Des services de télémédecine ou de téléconsultation se développent, comme à l’hôpital de Valence (Drôme), qui relie les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) d’Ardèche. Et les communautés de professionnels de santé permettront de décloisonner les activités au sein d’un bassin de vie, pour assurer l’accès à un médecin traitant et favoriser la coordination de l’ensemble des malades. La ministre a signalé que le déploiement de 400 médecins salariés en zones fragiles est en cours. Elle a annoncé également l’importance de « lutter contre l’itinérance, qui est un peu mercantile » ; des spécialistes (gynécologues, ophtalmologues…) « tournent » dans plusieurs établissements où ils se font payer très cher, ce qui crée des problèmes dans les petites maternités ou les petits hôpitaux, allant jusqu’à la fermeture. Aujourd’hui, les médecins ne veulent plus travailler seuls, ils préfèrent avoir des tours de garde dans des maisons médicales. Les maisons de santé recensées et les centres de santé, créés avec les agences régionales de santé (ARS) et souvent avec l’appui des collectivités, ont permis de suivre environ trois millions de patients en 2018, soit une hausse de 27 % en un an.

La ministre souhaite également que l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) soit un outil pour développer la présence médicale sur le territoire, en rassemblant et en fédérant tous les acteurs. Sa création, adoptée en première lecture par le Sénat le 8 novembre, sera discutée en première lecture à l’Assemblée nationale à partir du 19 février.

Marie Gasnier

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