Attentats : gérer la sûreté et la sécurité des événements culturels et sportifs

Sécurité

À la suite de l’attentat de Manchester, le ministère de l’Intérieur renforce les consignes pour sécuriser les événements culturels, et complète par une circulaire le référentiel et les bonnes pratiques déjà publiés dans un guide*.

Le nouveau ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, appelle les préfets à sensibiliser les gestionnaires de salles de spectacles et les organisateurs d’événements sportifs ou culturels au « strict respect des consignes de sécurité liées à la posture Vigipirate en vigueur ». Ces dispositions concernent l’accès du public aux bâtiments : vigilance, contrôle des sacs, signalement aux autorités de police compétentes des comportements suspects et des colis abandonnés…

Le préfet devra vérifier que des dispositifs de sécurisation de l’espace public autour des bâtiments ou enceintes concernés sont en place et qu’ils sont adaptés à la nature des événements programmés.

Autorité de police municipale, le maire doit assurer la sécurité des bâtiments culturels, particulièrement sensible avec la menace terroriste. À l’échelon local, c’est lui que les organisateurs d’événements artistiques et culturels doivent saisir pour renforcer les mesures de sûreté de leurs manifestations. Ils peuvent s’appuyer sur un guide, publié par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Culture et de la Communication, qui contient un référentiel des mesures à adapter à leur niveau de responsabilité. Suivant les recommandations du secrétariat général de la Défense et de la sécurité nationale (SGDSN), le document est articulé en fonction des sites à protéger : lieux totalement clos, événements à l’air libre dans des lieux clos comme « Rock en Seine » ou les « Vieilles charrues », événements avec emprise sur la voie publique (du type festival d’Aurillac, arts de la rue…), ainsi que les bâtiments patrimoniaux : bibliothèques, musées, 
châteaux, cathédrales…

Pour organiser la sûreté et la sécurité (cf. encadré), l’organisateur doit saisir les autorités locales le plus tôt possible avant l’événement (3 à 4 mois). En effet, elles devront anticiper les moyens de secours et d’ordre public nécessaires sur leur territoire pour la période concernée. La gestion du risque suit quatre phases : évaluation des menaces, identification des vulnérabilités du site, conception et adaptation des dispositifs de sécurité et de sûreté nécessaires. Un responsable de la sûreté travaille en lien étroit avec le responsable de la sécurité incendie et avec les services locaux chargés de la sûreté, de la sécurité publique et des secours.

L’analyse des menaces doit prendre en compte le niveau d’alerte défini au plan national, en s’attachant à l’échelon local et à la nature de l’événement : thème, spectateurs, personnalités invitées, réputation de l’organisateur, contexte médiatique local, environnement géographique, historique, sociologique du site… Pour identifier les vulnérabilités, il faut prendre en compte les bâtiments et matériels dédiés à l’événement ainsi que son environnement immédiat (habitations, voies de circulation, terrains vagues…) et tous les circuits : approvisionnement, livraisons, accès du public, des artistes et du personnel. Il convient aussi de s’assurer que les zones dédiées au public et à la maintenance générale de l’événement sont séparées de façon étanche.

Il est recommandé de s’appuyer sur la compétence des officiers référents sûreté police-gendarmerie pour identifier les vulnérabilités, très variables selon les lieux, la durée de l’événement et sa nature.

L’organisateur est responsable de la sécurité incendie et de la sûreté à l’intérieur du périmètre, sous le contrôle et avec l’expertise technique des autorités locales. Le responsable de la sûreté doit donc être associé à la planification de l’événement, afin d’élaborer un plan global de sûreté et de sécurité du public qui intègre l’évaluation des menaces et  l’identification des vulnérabilités.

Marie Gasnier

* Source : Gérer la sûreté et la sécurité des événements et sites culturels, Référentiel, avril 2017

 

 Distinguer sûreté et sécurité

Concevoir un dispositif global de protection du public doit intégrer, à la fois, la sécurité (prévention d’un événement non intentionnel) et la sûreté (prévention d’un acte intentionnel). Jusqu’à présent, tout événement ou rassemblement devait répondre à des règles de sécurité strictes pour prévenir les risques accidentels, naturels et technologiques induisant des dangers d’origine non intentionnelle. Devant le développement d’actes de malveillance et d’attentats, volontaires, il faut également appliquer des mesures de sûreté particulières. La notion de sûreté n’est pas précisée dans les textes ; plus diffuse et évolutive que la sécurité, elle repose sur la complexité du comportement humain, mais aussi sur l’affirmation et le respect des libertés publiques fondamentales. Outre le responsable de la sécurité, imposé par les textes, l’organisateur pourra s’adjoindre un responsable de la sûreté, en veillant à la complémentarité des deux logiques.

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