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Des territoires connectés pour protéger la population

Publié le 14 février 2022 à 11h00 - par

Inondations, avalanches, risques technologiques, identification de délinquants… Un rapport sénatorial recommande de multiplier le recours aux outils numériques pour préserver l’ordre public et prévenir les risques dans les communes.

Des territoires connectés pour protéger la population

Centres de supervision urbains de vidéosurveillance, dispositifs d’alerte, caméras ultra-puissantes, drones… Les nouvelles technologies doivent être mises au service de la sécurité des populations, expliquent les sénateurs Antoine Lefèvre (Aisne), Anne-Catherine Loisier (Côte d’Or) et Jean-Yves Roux (Alpes de Haute-Provence) dans un rapport fait au nom de la délégation aux collectivités territoriales du Sénat, « Territoires connectés et protection des populations : les élus, inventeurs de solutions ». Ils ont étudié deux axes : la protection de l’ordre public et la sécurité civile.

En effet, le numérique permet d’intervenir efficacement et en amont, en adaptant les méthodes aux spécificités territoriales. Si elles ne sont pas réservées aux grandes collectivités, les solutions technologiques doivent toutefois être mutualisées pour permettre aux petites communes d’accéder à moindre coût à une protection numérique renforcée. Les échelons intercommunal et départemental semblent les plus pertinents pour mutualiser les solutions de « territoires connectés ». Le rapport préconise, du reste, de conduire une démarche rigoureuse, précédée d’une réflexion approfondie sur les objectifs, les coûts et avantages espérés de la technologie et les critères qui permettront d’en évaluer l’efficacité. Un bilan que les sénateurs suggèrent d’actualiser régulièrement, puisque le ratio performance/coût des outils numériques s’améliore constamment. Il convient également d’informer la population concernée et de l’associer à la gestion des risques majeurs, « pour la rendre actrice de sa propre protection ».

Mais attention : les outils numériques ouvrent la porte aux pirates informatiques, qui ciblent de plus en plus les collectivités (près de 30 % d’entre elles ont été victimes d’une attaque au rançongiciel en 2020, selon le Clusif). Élus et agents doivent donc être sensibilisés aux enjeux de la cybersécurité pour connaître l’ampleur et les conséquences des menaces numériques.

Les sénateurs rappellent qu’en matière de sécurité publique, renforcer la coopération entre collectivités territoriales et services déconcentrés de l’État est essentiel, particulièrement pour alerter la population en cas de risque. Or, ils ont constaté au cours de leurs auditions que le dialogue est insuffisant dans ce domaine, ce qui est préjudiciable à la protection des habitants. Les rapporteurs préconisaient également de recourir aux drones pour améliorer la surveillance. Toutefois, la loi du 24 janvier 2022 relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure, qui autorise les forces de l’ordre à utiliser les drones pour assurer la sécurité des personnes et des biens, ne permet finalement pas aux polices municipales d’y recourir, le Conseil constitutionnel ayant sanctionné cette possibilité.

Marie Gasnier

Sécurité et outils numériques : trois exemples

  • Au centre de surveillance urbain (CSU) des Yvelines, des caméras très haute définition dont certaines sont thermiques détectent, jour et nuit, le passage de personnes. En outre, les écrans noirs utilisent une technologie fondée sur l’intelligence artificielle : ils s’allument seulement lorsque les algorithmes détectent une situation anormale. Les communes qui le souhaitent se connectent aux images de vidéoprotection.
  • En 2020, Istres (Bouches-du-Rhône, 43 000 habitants), a doté sa police municipale de deux drones équipés de caméras haute définition. Elle peut ainsi identifier les auteurs de méfaits en temps réel avec des informations précises (prévention d’infractions) mais aussi surveiller les forêts pour prévenir les incendies.
  • Les rapporteurs saluent aussi l’efficacité du dispositif « Voisins vigilants » qui met en relation les habitants d’un quartier, par internet, pour lutter contre les cambriolages. Un procédé simple et peu coûteux, qui fonctionne essentiellement par une application intuitive et par l’envoi de SMS. Dans les 700 communes qui l’utilisent, le ministère de l’Intérieur a constaté une baisse des cambriolages de 40 % par an.