Mayotte : l’État débloque des moyens supplémentaires pour la sécurité et l’insertion

Sécurité

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et des Outre-mer Sébastien Lecornu ont annoncé samedi 28 août 2021 à Mayotte des moyens supplémentaires pour la lutte contre l’immigration clandestine et pour l’insertion, dans ce département le plus pauvre de France.

« Indépendamment des 400 policiers et gendarmes en plus déjà consentis par le gouvernement, nous en avons annoncé 40 supplémentaires rien que pour cette année et avons débloqué des unités mobiles », a déclaré M. Darmanin, à l’occasion de l’inauguration d’une nouvelle caserne de gendarmerie à Dembéni, dans le centre de l’île.

« Le travail à faire ici est double : il y a un travail sur l’immigration clandestine et un sur la délinquance, notamment une délinquance de jeunesse », a-t-il insisté

Pour faire face à cette immigration massive, majoritairement en provenance des Comores, le ministre a promis la livraison de deux navires intercepteurs supplémentaires ainsi que la pérennisation de la surveillance aérienne des frontières par un avion privé grâce à une enveloppe de quatre millions d’euros pour l’année prochaine.

Côté sécurité, les collectivités locales recevront de l’État une aide d’un million d’euros par an pour la vidéoprotection, a indiqué le ministre.

Mais, face à la jeunesse des fauteurs de trouble à Mayotte, « ce n’est pas qu’un travail de police et de gendarmerie », a reconnu le ministre de l’Intérieur qui a rappelé le rôle de l’aide sociale à l’enfance, une compétence départementale.

« L’aval est sur le répressif, mais on le sait très bien, en amont, sur cette prévention offensive, il y a beaucoup de choses à faire”, a ajouté le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu.

Dans ce sens, et « sans même attendre la Loi Mayotte » qui doit être présentée en Conseil des ministres avant début 2022, dix millions d’euros seront donc débloqués dans le projet de loi de finances examiné cet automne au Parlement.

Sur cette enveloppe, entre sept et huit millions seront dédiés à la création d’une nouvelle compagnie au régiment du service militaire adapté (RSMA), qui vise à offrir aux jeunes de nationalité française une réinsertion par la formation et l’emploi.

Enfin, un million d’euros, sous la forme d’un appel à projets pour les associations, seront mis sur la table afin d’apporter une réponse éducative aux jeunes en déshérence, car « on ne peut pas avoir la même réponse pénale pour un enfant de huit ans que pour un jeune de 15 ou 16 ans », a observé M. Lecornu.

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