Les urbanistes inquiets de leur statut au sein des collectivités

Statut

Victimes de déclassement et de précarisation dans la FPT, les urbanistes souhaitent que soit créé un cadre d’emploi spécifique, reconnaissant leurs compétences et leurs qualifications.

Les conditions d’accès à la fonction publique territoriale des jeunes urbanistes diplômés (master d’urbanisme et aménagement en sciences humaines et sociales/Bac+5) sont difficiles. Dans un courrier adressé, le 4 mars, à la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, les présidents de l’association professionnelle des urbanistes des territoires (UT)  et du Collectif national des jeunes urbanistes (CNJU) dénoncent « une fonction publique territoriale à deux vitesses ».

En effet, les titulaires du diplôme d’urbanisme, nombreux à travailler dans les collectivités (cf. encadré), ne peuvent pas toujours être recrutés comme ingénieurs territoriaux*.

Le gouvernement les oriente alors vers l’option « urbanisme » du concours d’attaché territorial, qui ouvre cependant moins de postes que dans la filière technique, pour des candidats deux fois plus nombreux.

Le CNJU et l’UT réclament un concours sur titre pour le recrutement des jeunes diplômés. Pour cela, la création d’une démarche de certification professionnelle, sanctionnée par la reconnaissance d’un titre professionnel inscrit sur le répertoire national des certifications professionnelles, est un préalable. Ce qui implique de définir les modalités d’intégration des diplômés : type de filière, cadre d’emploi…

Un groupe de travail, impulsé par le ministère du Logement, avance sur la question depuis mi-novembre 2014. Les urbanistes auraient ainsi une « voie d’accès pérenne » à la fonction publique territoriale, et pourraient accéder à des fonctions d’encadrement et à des rémunérations équivalentes à ceux des techniciens de catégorie A. Cela favoriserait, en outre, la gestion prévisionnelle de l’emploi, des compétences et des ressources humaines.

En 2009, une réforme avait créé des disparités dans les statuts, la rémunération et les perspectives de progression des urbanistes, entraînant des dysfonctionnements au sein des équipes ainsi que des difficultés de gestion de personnel pour les managers.

 

Marie Gasnier

 

* Texte de référence : Question n°  66249, réponse publiée au Journal officiel le 13 janvier 2015
Une réponse du ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, à une question écrite de Pierre Morel-À-L’Huissier, député de la Lozère, fait le point sur les conditions d’accès à la profession.

 

Précarité

Près de 7 000 urbanistes exercent dans les collectivités. Formés dans les instituts d’urbanisme et d’aménagement du territoire, ils aident les élus à définir les politiques publiques territoriales, coordonnent et animent les projets urbains. Chaque année, un tiers des 1 000 nouveaux urbanistes diplômés sont recrutés par les collectivités. Selon une étude menée sur les promotions 2011, 2012 et 2013, près de neuf jeunes urbanistes diplômés sur dix (88 %) le sont en contrat à durée déterminée (CDD).

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