L’Observatoire national de la route rend son second rapport

Urbanisme

Les analyses détaillées de l’Observatoire national de la route (ONR) ont pour but d’aider les gestionnaires à comparer et à préciser leurs politiques d’entretien du réseau routier – chaussées et ouvrages d’art -. Objectif : éviter le surcoût lié à un sous-entretien chronique.

À la suite notamment de l’effondrement du viaduc autoroutier de Gênes l’été 2018 (quarante-trois morts), le gouvernement a pris la mesure du mauvais état du réseau routier français et souligné le 22 août 2019, en Conseil des ministres, la pertinence d’un observatoire pour surveiller nos routes et nos ponts. C’est dans cet esprit que l’Observatoire national de la route (ONR), créé en 2016, a rendu son second rapport sous l’égide de l’Idrrim (Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité).

Il dresse, pour la première fois, un état général des réseaux routiers gérés par les conseils départementaux (chaussées et ouvrages d’art), à partir d’un échantillon représentant plus de la moitié des départements (65) et plus de 200 000 km. Son but : éclairer les décideurs sur les moyens d’optimiser, à long terme, la gestion de leur patrimoine sur les plans technique, économique et financier, en fonction des objectifs de qualité qu’ils se fixent. Les valeurs de référence et de comparaisons doivent les aider à mieux appréhender l’impact de leurs décisions et de leurs pratiques sur l’état, à terme, des chaussées et des ouvrages d’art. Et, in fine, à réduire le risque de surcoût à terme, résultant d’un éventuel sous-entretien chronique dont le « montant caché » peut s’avérer considérable.

En 2018, l’ONR a recueilli les premiers éléments d’évaluation de l’état des infrastructures et consolidé la fiabilité des données financières fournies par les gestionnaires routiers sur une base élargie : augmentation du nombre de départements sondés et enquête auprès de cinq métropoles volontaires. Le rapport, qui présente de très nombreux graphiques, précise que le nombre de paramètres rend les comparaisons « hasardeuses » et qu’elles doivent être faites « avec la plus grande prudence ». Certaines conclusions peuvent toutefois être avancées.

Ainsi, les départements ruraux accordent un budget relativement plus important à l’entretien des routes que les départements plus urbains, « signe de l’enjeu du réseau routier dans le fonctionnement de ces territoires ». Comme l’État, les grands ou très grands départements consacrent 15 à 20 % à la préservation du patrimoine des ouvrages, contre 12 à 14 % pour les petits et moyens départements, avec une tendance à l’augmentation pour la période récente de 2016-2017. Des moyennes qui masquent toutefois de fortes disparités entre territoires.

La moitié des départements effectuent une visite annuelle de leurs ponts, au minimum sur leurs ouvrages en mauvais état ou de type particulier. Les autres le font dans le cadre de visites d’évaluation ou d’inspection détaillée, tous les deux à neuf ans, notamment en fonction de l’état ou du type de l’ouvrage. Les visites semblent d’autant plus rapprochées et détaillées que celui-ci est en mauvais état, de dimension importante ou de typologie particulière.

En revanche, moins de 25 % des départements indiquent clairement visiter les murs de soutènement, « a minima ceux en mauvais état, chaque année » et près de 38 % les visitent en moyenne tous les trois à neuf ans, essentiellement dans le cadre de visites d’évaluation. Concernant les cinq métropoles étudiées, les montants des dépenses de grosses réparations des chaussées sont comparables à ceux des départements, et très proches des grands ou très grands départements, aussi bien au kilomètre que par habitant. En revanche, elles investissent moins qu’eux dans les grosses réparations des ouvrages d’art, notamment au kilomètre, alors qu’elles ont « probablement plus » d’ouvrages au kilomètre ».

En 2019, l’observatoire devrait intégrer les premières données sur la voirie communale urbaine et rurale : plus de quatre-vingt intercommunalités ayant la compétence voirie se sont déclarées volontaires pour participer aux travaux.

Marie Gasnier

* À l’initiative de l’État, de l’ADF, de l’AdCF, de Routes de France (anciennement Usirf), du Syndicat national des entrepreneurs spécialistes de travaux de réparation et de renforcement des structures (Strres) et de l’Idrrim.

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