L’état des routes des collectivités est aujourd’hui inadapté à la voiture autonome

Urbanisme

Information, partage d’expériences, formation : conscientes du rôle des équipements de la route pour la sécurité, les collectivités manquent d’outils de gestion, selon un sondage du Syndicat des équipements de la route. Elles ont aussi besoin d’accompagnement pour accueillir les véhicules du futur.

Comment les collectivités assurent-elles la gestion du patrimoine routier ? Un sondage, réalisé au début de l’année auprès de tous les départements et d’un panel représentatif de communes par l’Ifop, pour le Syndicat des équipements de la route (SER), rendu public le 11 mars au Sénat, montre que ce n’est pas simple. Tout en reconnaissant presque à l’unanimité* l’importance de maintenir le parc routier en bon état pour limiter l’insécurité et les accidents, en particulier la nuit et en cas de mauvaises conditions météorologiques, elles disent manquer d’outils de gestion adaptés. Elles souhaiteraient notamment être mieux informées sur les équipements (85 % des communes et 72 % des départements), bénéficier de partage d’expériences et de formation de leurs agents à la gestion du patrimoine routier (94 % des communes et 87 % des départements).

Quatre panneaux de signalisation sur dix ne seraient pas conformes à la réglementation. Leur moyenne d’âge, en particulier, est de dix-sept ans, alors qu’ils sont prévus pour durer huit à douze ans. Par ailleurs, la moitié des routes ne présenteraient aucun marquage au sol. Pour autant, les collectivités consacrent un budget relativement faible à l’entretien des équipements routiers : la moitié des mairies lui accordent un budget spécifique inférieur à 4 %, et 17 % d’entre elles y dédient entre 4 et 8 % de leur budget route global.

Elles ne réalisent pas non plus d’audits réguliers pour vérifier l’état de leurs infrastructures ; ainsi, seuls la moitié des communes et les trois quarts des départements ont effectué un inventaire depuis moins de deux ans. Le sondage montre également que ces audits conduisent, quasi systématiquement, à une procédure de remise en conformité (97 % pour les départements et 85 % pour les communes). Il semble donc que les collectivités ne programment un audit que lorsqu’elles savent qu’elles pourront ensuite remettre à niveau ou renouveler les équipements qui se seront révélés non conformes. Le SER précise qu’il convient toutefois de relativiser ces données.

En effet, le renouvellement de certains équipements (signalisation horizontale de type marquage au sol…) est parfois directement intégré au budget alloué à l’entretien des chaussées, et n’apparaît donc pas de façon spécifique. Les équipements de la route peuvent aussi être intégrés au budget général de fonctionnement. Mais certains équipements sont dotés d’un budget particulièrement faible : dispositifs de retenue, protections acoustiques, signalisation verticale, régulation du trafic…

Enfin, près de sept collectivités sur dix (68 %) considèrent que leurs infrastructures routières ne seraient pas aptes à accueillir des véhicules autonomes. Elles souhaiteraient donc une évolution des équipements et de leur performance pour faciliter l’essor des véhicules communicants et autonomes.

Martine Courgnaud – Del Ry

* 98 % des communes et 93 % des conseils départementaux

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