Le gouvernement encourage les expérimentations de revitalisation commerciale des centres-villes

Urbanisme

Les élus doivent adopter des stratégies pour réintégrer les commerces au cœur des villes, où la vacance commerciale peut atteindre plus de 10 %. Le gouvernement réservera un million d’euros du Fisac pour les y aider.

En centre-ville, un local sur dix est inoccupé : cette vacance commerciale, dont le taux est passé de 6,1 % en 2001 à 10,4 % en 2015, touche particulièrement les villes moyennes, entre 10 000 et 100 000 habitants. « Il revient aux élus d’adopter une stratégie globale adaptée à la situation de leur territoire », explique un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et du Conseil général du développement durable (CGEDD). Le rapport préconise seize mesures propices à la revitalisation des centres, à commencer par définir la place du centre-ville dans le territoire et lui assigner un rôle précis : rencontre et animation, touristique, marchand…

Il faut également mobiliser et réunir autour d’un projet commun collectivités et professionnels du commerce. Lors de la remise du rapport, le 21 octobre, la secrétaire d’État chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire a annoncé la nécessité d’expérimenter des projets de revitalisation commerciale du centre de certaines villes moyennes. Expérimentations et dispositifs innovants pourront être financés par le Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce (Fisac) : un million d’euros du Fisac sera réservé « pour financer, dès que possible, les stratégies de développement urbain, les nouveaux partenariats entre les acteurs publics et privés, et le développement du management de centre-ville ».

Dans leur stratégie, les élus devront, en particulier, mêler urbanisme, aménagement et commerce. Une offre commerciale équilibrée entre le centre et la périphérie présente un enjeu économique, social et environnemental qui implique une approche intercommunale. La stratégie locale d’aménagement commercial devrait donc être intégrée au plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi).

Il conviendrait aussi de créer dans tous les centres-villes une organisation du commerce regroupant partenaires publics et privés permanente : association, office, GIE, société coopérative… Le développement des managers de centres-villes doit aussi être encouragé : rôle bien défini au niveau communal ou intercommunal, définition large de ses missions, financements adaptés, référentiel métier.

Il faudrait également aider les petits commerçants à s’adapter au commerce de demain, à l’utilisation du numérique notamment.

Quant aux communes en difficulté, où le taux de vacance commerciale dépasse 10 % ou 15 %, certaines dispositions des quartiers prioritaires relevant de la politique de la ville pourraient leur être appliquées, comme l’accès à l’établissement public national d’aménagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux (Epareca).

Tous ces points seront examinés lors d’une commission de concertation du commerce fin novembre, avant la tenue d’états généraux sur le développement des centres-villes, qui se tiendra début 2017.

 

Marie Gasnier

 

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