Le profil sociologique des élèves de l’Inet est toujours assez homogène

Publié aujourd'hui à 9h00 - par

Parité hommes/femmes, âge, origines géographiques, filières du Bac et cursus d’enseignement supérieur, catégorie socio-professionnelle des parents… Depuis 2013, la diversification des élèves de l’Inet a peu évolué, selon une étude publiée par le CNFPT.

Le profil sociologique des élèves de l'Inet est toujours assez homogène
© Par CYBERUSS - stock.adobe.com

Les caractéristiques sociologique des élèves ont peu évolué depuis 10 ans, selon une étude publiée par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), réalisée auprès de vingt-sept promotions d’élèves de l’Institut national d’études territoriales (Inet) entre 2015 et 2024. L’objectif était d’actualiser une précédent étude de 2013 pour connaître l’évolution du profil sociologique dans l’accès à la haute fonction publique territoriale (FPT) et aux emplois de cadres dirigeants ces dix dernières années. Car des changements sont intervenus depuis. La scolarité de l’Inet ne s’adresse plus exclusivement aux lauréats du concours d’administrateur territorial ; depuis 2015, l’Inet forme également les conservateurs territoriaux de bibliothèques et les conservateurs territoriaux du patrimoine et, depuis 2017, les ingénieurs en chef territoriaux. En outre, une épreuve de mise en situation professionnelle a été ajoutée pour l’admission et les coefficients des épreuves ont été revus en conséquence.

Les évolutions sont assez marginales, qu’il s’agisse de l’équilibre hommes/femmes, de la structure des âges, du parcours résidentiel et des origines géographiques, des filières et des mentions obtenues au Bac, des cursus suivis dans l’enseignement supérieur, de la catégorie socio-professionnelle des parents ou encore des parcours professionnels avant l’école – effectués en majorité dans la FPT. La répartition hommes/femmes semble inversée par rapport à la précédente étude (53 % et 47 %), ce qui peut en partie s’expliquer par l’intégration dans le périmètre de l’étude du cadre d’emploi des conservateurs de bibliothèques, composé essentiellement de femmes. Les femmes sont pourtant en moyenne minoritaires (47 %) parmi les inscrits au concours À+ de la fonction publique territoriale mais elles semblent avoir de meilleurs résultats aux épreuves par la suite. À l’exception des ingénieurs en chef territoriaux, les élèves de l’Inet comptent davantage de femmes.

On constate toujours une certaine excellence des parcours scolaires et universitaires. Toutefois, l’enquête met en évidence une plus grande diversification des profils, grâce à la prise en compte des nouveaux cadres d’emploi d’ingénieurs en chef territoriaux et de conservateurs territoriaux de bibliothèque. De ce fait, la parité hommes/femmes est moins équilibrée selon les cadres d’emploi : les femmes sont surreprésentées parmi les conservateurs de bibliothèque (67 %) ou parmi les élèves issus du concours interne (59 %).

Très peu d’élèves sont d’origine étrangère

Quant à la première affectation, 41 % des hommes et 29 % de femmes exercent un poste de directeur à la sortie de l’école. À l’inverse, 15 % des femmes occupent un poste de chef de service contre 5 % des hommes. Par ailleurs, l’étude note que l’accès par concours ou 3e voie contribue à élargir les viviers de recrutement. Mais elle précise que la diversification des profils se joue avant l’Inet, notamment dans l’origine socio-professionnelle des parents et les cursus d’études. Il semblerait que les épreuves des concours d’accès à l’Inet, et plus généralement à la haute fonction publique, n’auraient donc qu’un effet marginal dans cette diversification.

Si les élèves et anciens élèves proviennent de toutes les régions, plus de quatre sur dix résidaient en Île-de-France avant d’entrer à l’Inet. La répartition géographique des élèves en fonction du diplôme le plus élevé montre une surreprésentation de trois régions : Île-de-France (42 %), Auvergne Rhône-Alpes (19 %) et Bretagne (11 %). Quant à la répartition géographique des premiers postes, elle est similaire à celle des naissances. Ainsi, du lieu de naissance à la première affectation, il y a une polarisation sur trois régions : Île-de-France, Auvergne et Grand Est. Très peu d’élèves sont d’origine étrangère et les parents appartiennent essentiellement à la catégorie des cadres et professions intellectuelles supérieures, comme c’est le cas dans les grandes écoles. Seuls 8 % viennent des classes populaires, comme en 2013.

À 74 %, les élèves ont un diplôme équivalent à Bac+5 et 15 % un diplôme supérieur. Une part importante ont des profils littéraires : 48 % ont suivi une prépa littéraire, 18 % en maths sup/maths spé et 4 % une prépa économique et commerciale. Quant aux lauréats des concours d’accès, six sur dix étaient diplômés d’au moins une grande école : IEP, école de commerce, école d’ingénieurs ou Normale sup. Une proportion en diminution de 14 points par rapport à 2013. Vraisemblablement parce que l’étude intègre les conservateurs territoriaux de bibliothèques, dont 26 % seulement ont intégré une grande école contre 72 % des administrateurs territoriaux.

La majorité des élèves accèdent à l’Inet après avoir suivi une préparation aux concours A+ de l’administration, et 21 % n’en ont suivi aucune. Signalons également que sept répondants sur dix ont eu une expérience professionnelle dans la fonction publique territoriale avant d’entrer à l’Inet.

Marie Gasnier


On vous accompagne

Retrouvez les dernières fiches sur la thématique « Ressources humaines »

Voir toutes les ressources numériques Ressources humaines