Une nouvelle étape de la reprise en main de la politique nationale de la commande publique
Les achats publics représentent plus de 233 milliards d’euros de marchés par an et mobilisent près de 130 000 acheteurs publics. Succédant à l’Observatoire économique de la commande publique (OECP), la nouvelle instance plus représentative concrétise l’engagement annoncé par David Amiel, ex-ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, lors des premières Rencontres annuelles des achats de l’État, le 15 décembre 2025. Selon le ministre, « avec le Conseil national de la commande publique, nous renforçons le pilotage, la simplification et le dialogue entre acheteurs publics et entreprises. Notre ambition est claire : acheter mieux, plus efficacement et avec plus d’impact pour un usage toujours plus rigoureux de l’argent des Français. » Associant l’ensemble des acteurs (acheteurs de l’État, locaux et de la sécurité sociale, centrales d’achat public, fournisseurs, etc.), le CNCP est doté de plusieurs collèges thématiques, dont un collège sur l’intelligence artificielle (IA), un collège sur les centrales d’achats et un collège des acheteurs locaux. Sous le pilotage de la Direction des achats de l’État (DAE) et de la Direction des affaires juridiques (DAJ) de Bercy, les trois grandes priorités de travail du CNCP pour 2026 sont :
- L’amélioration du pilotage de la commande publique ;
- La simplification des procédures grâce au numérique ;
- Le renforcement de la souveraineté des achats.
Première annonce, à l’occasion de ce CNCP, David Amiel a dévoilé le lancement dans les prochains jours d’une mission d’inspection pour examiner les achats liés aux déplacements professionnels des agents publics, qui représentent une dépense de 1,4 milliard d’euros par an. Cette mission aura pour objectif d’établir un diagnostic clair du système et d’identifier des dysfonctionnements, de dégager des pistes d’économies notamment par un contrôle renforcé des prestataires, et de proposer des simplifications des procédures pour les agents afin de faciliter les déplacements indispensables à l’exercice de leurs missions. Des premiers résultats sont attendus pour le printemps.
Un programme d’actions diverses et variées annoncées pour les années à venir
En matière de formation, il est envisagé le renforcement du cursus de formation initiale au sein des Instituts du service public (ex. IRA) pour une meilleure professionnalisation des acheteurs publics. Il s’agit également de poursuivre les premiers travaux menés par la Direction des achats de l’État (DAE) pour cartographier finement les risques de dépendance dans les achats de l’État et qui peuvent limiter notre souveraineté. Autre avancée, la mise en place d’un réseau d’ambassadeurs « Je choisis la French tech » dans les ministères pour faciliter l’accès des start-ups à la commande publique. Ensuite, conformément aux annonces gouvernementales, le CNCP doit suivre l’activation en mars 2026 du nouveau mécanisme de révision des prix de l’UGAP, dans la continuité de la publication de son baromètre de satisfaction 2025. Est également annoncé le lancement dès avril d’une enquête nationale de satisfaction fournisseurs par la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) et la DAE. Enfin, comme indiqué par le Premier ministre, un axe de travail est lancé pour l’accélération à venir des efforts pour atteindre les objectifs fixés par la loi Egalim pour les achats alimentaires afin de soutenir nos agriculteurs et de renforcer notre souveraineté.
Dominique Niay
Source : De l’OECP au CNCP : une instance plus représentative et plus agile pour la commande publique, DAJ, février 2026
